Rencontre avec... Philippe Bardol, directeur d’Ubifrance au Japon

« Les nouveaux besoins sont énormes »

le 05/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Quels savoir-faire extérieurs sont-ils susceptibles d’intéresser les Japonais dans le cadre de la reconstruction ?

Dans le cadre du lancement d’un plan d’action, « Initiative Japon », destiné à relever ce défi, Ubifrance a identifié cinq secteurs qui pourraient être investis par les sociétés françaises, à savoir la sûreté nucléaire, la prévention et la gestion des risques industriels et naturels, les matériaux de construction et les produits innovants d’urgence, la microélectronique et les composants à haute valeur ajoutée, ainsi que la sécurité et la traçabilité alimentaires. La nécessité de rassurer sur l’origine des produits agroalimentaires est prégnante. Si l’information fait défaut, personne n’achète et cette circonspection va monter en puissance. Aujourd’hui, l’enjeu d’Ubifrance est de mettre en avant les technologies et les produits français utiles à la relance japonaise. Pour que tout redémarre, chacun doit y contribuer. N’oublions pas que ces nouveaux marchés sont énormes. Ensuite, le Japon, qui demeure un pays riche, reste ouvert à de nouvelles importations. Il faut lui démontrer qu’une mobilisation française existe.

Comment évolue l’utilisation des capacités de production ?

Les industries les plus touchées sont l’automobile, la microélectronique et les produits de première nécessité, notamment dans l’alimentaire. Même si l’activité reprend, il est encore difficile d’avoir une vision exacte de l’utilisation des capacités de production à l’heure actuelle. Il est possible d’obtenir des remontées précises de la part des grands groupes mais nous n’avons pas ou peu de visibilité quant à la situation des fournisseurs de second rang et des sous-traitants. Quoi qu’il en soit, les ruptures des chaînes logistiques d’approvisionnement et des stocks ont été d’autant plus importantes que les entreprises nippones avaient l’habitude de travailler en flux tendus, un mode de gestion qu’elles n’ont d’ailleurs pas l’intention de modifier.

L’investissement dans l’innovation est-il toujours prioritaire ?

Dans un premier temps, les efforts vont se multiplier pour combler les besoins immédiats. Les autorités japonaises stimuleront le reste ensuite. Conséquence de la catastrophe naturelle, de nouveaux domaines d’innovation émergeront, surtout dans l’environnement, l’analyse de la qualité de l’air et de l’eau, ou dans la recherche de nouveaux composants. Le développement des « écoproduits » aussi, domaine déjà encouragé par le gouvernement avant l’accident de Fukushima, devrait s’accélérer avec la nécessité de régler les problèmes énergétiques et de se montrer plus économe.

A lire aussi