L'avis de... Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM

« Nous voulons des ETF avec des 'tracking errors' faibles »

le 02/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Avez-vous mis en place un système interne de mesure et de suivi de l’efficience des ETF (« exchange-traded funds ») ?

Oui. Actuellement, CPR AM est investi à hauteur de 800 millions d’euros (dans le cadre de la gestion diversifiée) dans des ETF au travers de ses différents portefeuilles. Nous disposons en moyenne de quinze à vingt positions par fonds, utilisées de manière tactique avec des durées de détention allant de trois à six mois. Dans ce contexte, nous voulions disposer d’un outil permettant de comparer les différents fonds, les données divulguées par les fournisseurs ne présentant pas suffisamment de cohérence. Nous mesurons nous-mêmes deux indicateurs clés : la marge d’erreur (tracking error) quotidienne et hebdomadaire de l’ETF par rapport à son indice et sa performance (de nouveau par rapport à son indice). C’est un travail classique pour les fonds activement gérés et nous l'avons logiquement décliné sur la gestion passive.

Quel critère regardez-vous en priorité ?

En fait, nous ne regardons pas un mais plusieurs critères : la performance de l’ETF, les actifs sous gestion, la tracking error. Nous voulons des ETF ayant des tracking errors faibles, c’est-à-dire collant à l’indice de référence - c’est la première fonction de ces produits -, mais également des ETF dont la performance est bien entendu en ligne avec l’indice qu’ils sont censés répliquer, quelle que soit la période retenue. Ces instruments doivent avoir un minimum d’historique et des actifs sous gestion conséquents. Nous n’investirons pas dans un produit ayant une performance élevée au prix d’une tracking error élevée. De même, le ratio d’information (qui mesure le rapport entre l’écart de performances de l’ETF et de son indice sous-jacent et sa tracking error) ne nous paraît pas primordial. Lorsque des écarts de performances trop importants sont constatés, nous demandons aux fournisseurs de nous les expliquer. Des revenus de prêts de titres, d’optimisation fiscale et autres peuvent venir compléter la performance de l’indice sous-jacent. Même si les fournisseurs ne divulguent pas tout, le niveau d’information est aujourd’hui satisfaisant. La transparence est devenue essentielle, notamment dans le cadre de Solvabilité II. Nous devons être en mesure d’avoir accès à toutes nos positions et donc au prêt de titres.

Incluez-vous les « spreads » dans votre analyse des ETF ?

Oui, les spreads sont un élément important. Nous les intégrons dans les estimations de prix des ETF même s’ils sont difficilement modélisables.

A lire aussi