L'avis de... Cédric Chavot, responsable ingénierie produits chez BNP Paribas Cardif

« Nous sommes plutôt déçus du comportement de la gestion alternative »

le 10/11/2011 L'AGEFI Hebdo

La plupart des stratégies de gestion alternative ont souffert dans le creux de marché cet été. Que pensez-vous de ces performances ?

Nous ne souhaitons pas tirer de conclusions hâtives sur un historique de performances aussi court. Il n’est par ailleurs pas raisonnable de se prononcer sur l’industrie dans son ensemble alors que la dispersion des performances intra comme interstratégies a rarement été aussi élevée. Au-delà de la performance absolue, nous nous intéressons à l’apport en convexité de nos stratégies alternatives au sein de nos portefeuilles d’actifs traditionnels. Sur cet aspect en particulier, nous sommes plutôt déçus du comportement de la gestion alternative sur l’année en cours.

Combien représente aujourd’hui cette thématique dans vos investissements ?

BNP Paribas Cardif consacre un peu moins de 2 % de son actif en gestion alternative, dont 1 % en hedge funds. Sous le vocable hedge funds, on trouve un ensemble de techniques de gestion bien différentes qui, combinées, recèlent d’intéressantes propriétés de diversification. Nous incluons ces stratégies au sein de nos poches traditionnelles actions et taux. Nous avons modifié le type de fonds dans lesquels nous investissons en basculant progressivement vers des fonds de fonds dédiés qui répondent mieux à nos besoins. BNP Paribas Cardif intervient principalement dans la définition de l’allocation stratégique des portefeuilles, et est éventuellement force de proposition dans la sélection des fonds sous-jacents pour laquelle nous avons développé notre propre outil d’analyse. Autre élément clé, nous sommes seuls à bord et nous maîtrisons donc notre passif.

Les nouvelles contraintes liées à Solvabilité II vont-elles vous amener à revoir vos positions sur les « hedge funds » ?

Dans ce nouveau cadre réglementaire, la gestion alternative va mobiliser plus de capitaux que les actions européennes ou les taux. En formule standard, là où les actions européennes nécessiteront 39 % de capital, la gestion alternative en consommera 49 %. Désormais, nous allons raisonner en termes de ratio de rendement rapporté au capital. La gestion alternative consommant plus de capitaux réglementaires, nos stratégies de hedge fundsdevront donc rapporter plus tout en maintenant un niveau de diversification du risque satisfaisant. Nous réfléchissons actuellement à cette problématique aux côtés des gérants de nos fonds de fonds, l’objectif étant d’être prêts bien avant le passage à Solvabilité II le 1er janvier 2014.

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