Entretien avec... Pascale Auclair, directeur général de LFP, Groupe La Française AM

« Nous sommes peu présents sur les dettes 'core' »

le 30/08/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel est votre sentiment de marché à la veille de la rentrée ?

En ce qui concerne la crise dans la zone euro, nous avons le sentiment que la route est plus clairement tracée depuis le sommet européen de juin, et que nous allons vers plus d'union bancaire, une certaine mutualisation de la problématique des dettes publiques européennes, et à long terme davantage de fédéralisme. Côté macroéconomie, la situation est préoccupante puisque l'Europe entre en récession, on note en revanche des signaux plus rassurants aux Etats-Unis et un net ralentissement dans les émergents. Même si nous sommes confiants sur la pérennité de l'Union monétaire, les divergences politiques au sein de la zone euro ne devraient pas disparaître du jour au lendemain. Il est donc difficile d'imaginer sur les marchés un été indien sans quelques nuages...

Dans ce contexte, quelle est votre politique d'investissement ?

Nous combinons une vision constructive de moyen terme sur certaines classes d'actifs risquées, tout en gardant une flexibilité tactique face à la probable volatilité à court terme. Sur les marchés obligataires européens, nous sommes peu présents sur les dettes core mais actifs sur certaines dettes périphériques, avec une préférence pour les maturités courtes et l'Italie. De façon générale, nous sommes confiants pour ce qui concerne les dettes courtes privées, high yield et/ou périphériques, la force de rappel de rendements monétaires nuls, voire négatifs, nous semblant déterminante. Le crédit investment grade n'est intégré que dans une optique de portage car les rendements sont écrasés et nous privilégions les dettes émergentes dont les fondamentaux et les spreads restent intéressants. Sur les marchés actions, les valorisations se sont tendues après le rally de cet été alors que les prévisions de croissance bénéficiaires ont été revues drastiquement à la baisse. Nous sommes donc prudents tactiquement, avec une structure sectorielle assez neutre mais un biais légèrement positif sur les cycliques et négatif sur les financières.

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