L’avis de… Jean-Claude Guimiot, directeur général délégué d’Agrica Epargne

« Nous sommes à une période charnière »

le 01/12/2011 L'AGEFI Hebdo

Quel regard portez-vous sur le contexte de marché auquel vous êtes confronté ?

Nous sommes à une période charnière qui voit les limites d’un système économique reposant sur une mondialisation non maîtrisée. La culture de l’endettement a permis de soutenir la croissance dans les pays développés. Elle a été appuyée par les régulateurs qui ont considéré dans leurs recommandations auprès des investisseurs long terme et des banques que le papier souverain à 10 ans pouvait être envisagé comme un actif sans risque. La crise de la zone euro nous montre qu’il n’en est rien et que le risque de taux et le risque de signature existent bel et bien. Or les obligations sont devenues le cœur de portefeuille des institutionnels de long terme. La problématique de risque de taux ne se pose pas encore aux Etats-Unis et au Royaume-Uni où les taux à long terme sont largement influencés par les banques centrales.

Vous exprimez une certaine inquiétude. Des solutions financières existent pourtant pour profiter des opportunités de marché...

Nos marges de manœuvre sont limitées pour trois raisons. La première est Solvabilité II à laquelle nous serons soumis et qui a déjà été plus ou moins prise en compte. Néanmoins, les actifs considérés comme risqués, notamment les actions pénalisées par cette réglementation, sont à mon sens les instruments les moins risqués à moyen terme. Le recours à des produits de couverture m’apparaît complexe à gérer et il me semble préférable de choisir entre être exposé à un marché ou ne pas y être investi. La deuxième raison d’une marge de manœuvre limitée s’inscrit dans l’approche de la fin de l’exercice (clôture des comptes) : les grandes institutions sont traditionnellement moins actives sur les marchés, afin de se prémunir contre un mauvais pari. Pour finir, j’évoquerai la difficulté que nous pouvons avoir à être contrariants face aux courants de pensée actuels dans lesquels se situent les directions générales.

A lire aussi