PORTRAIT Fabrice Rossary, directeur des investissements chez Scor Global Investments

« Nous nous positionnons sur des produits de niche »

le 24/10/2013 L'AGEFI Hebdo

De la banque à l’assurance, Fabrice Rossary a la gestion d’actifs dans le sang. Depuis quinze ans, le directeur des investissements de Scor Global Investments (GI) depuis 2011, filiale du réassureur français, est resté fidèle à un secteur qu’il a découvert au gré des stages lors de ses études supérieures. « La gestion d’actifs est un carrefour de plusieurs mondes, observe-t-il. C’est un métier qui requiert à la fois des exigences commerciales et de performance, le tout avec une forte technicité alliant théories macroéconomique et modèles de valorisation. C’est finalement un métier extrêmement riche qui demande d’être très curieux. C'est cette pluralité qui m’a bien plu. »

Magistère de banque finance et DESS des techniques financières et bancaires en poche, Fabrice Rossary fera ses premiers pas dans la gestion d’actifs en 1998 au sein de Société Générale Asset Management (SGAM), « d’abord sur la gestion de taux, avant d’évoluer vers des produits plus complexes comme les obligations convertibles ou les obligations 'high yield', et surtout de participer au lancement des fonds 'absolute return', se souvient celui qui confesse être un pur produit de SGAM. J’y ai acquis une bonne partie de mes compétences et j’ai aussi beaucoup appris sur moi-même ».

Après huit années chez SGAM, Fabrice Rossary va pourtant tenter une nouvelle aventure en intégrant en 2006 Fortis Investment, « une maison alors en plein développement dont la vocation était de prendre des parts de marché », rappelle-t-il. Gérant crédit senior, il vit alors de l’intérieur les belles heures de Fortis Investment, marquées par le rachat d’ABN Amro qui lui vaut de prendre la direction du crédit à Londres en 2008, mais aussi les heures sombres d’une maison rattrapée par la crise en 2009, ponctuée par son rachat par BNP Paribas. L’occasion de tourner la page de la gestion d’actifs au sein de groupes bancaires. Repéré par un cabinet de recrutement, « j’ai vite été séduit par l’approche de Scor qui, à l’époque, voulait créer sa propre société de gestion, avec de nombreux défis à relever », se remémore Fabrice Roussary qui participe alors activement, en 2009, à la création ex nihilo de Scor GI (GI).

Non content de gérer les actifs pour le compte du réassureur via un mandat de gestion, la société tente depuis fin 2011 le pari audacieux d’aller séduire les investisseurs institutionnels en se positionnant sur « des produits de niche, avec de fortes barrières à l’entrée, là où nous pensons apporter de la valeur », souligne Fabrice Rossary. De fait, les offres proposées sortent des sentiers battus, à l’image des fonds de leveraged loans et de loans infrastructures ou, surtout, du fonds Atropos dédié aux risques assurantiels (insurance linked securities, ILS) comme les obligations catastrophes. Une offre qui nécessite « un travail important d’éducation afin de persuader les investisseurs et de lever leurs craintes sur cette classe d’actifs », remarque-t-il. Fabrice Rossary ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin dans l’innovation. « Nous avons monté un fonds de ‘managed account’ qui investit dans des stratégies de 'hedge funds' ségréguées sur les plates-formes développées par les banques, avance-t-il. Ce fonds a été lancé en interne en janvier 2013 et nous attendons d’avoir un peu plus de 'track record' pour le présenter à l’extérieur. »

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