L'avis de... Sylvain Lefèvre, directeur de SL Finance, société de conseil en gestion de patrimoine

« Nous conseillons d’adopter une démarche sécuritaire »

le 14/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelle stratégie d’investissement conseillez-vous ?

Nous conseillons d’adopter une démarche sécuritaire, même aux clients qui ont opté pour une gestion dynamique. Les aléas de marchés sont tels que nous préconisons une stratégie d’attente, en allant soit sur des fonds monétaires, même si leur performance n’est que de 1 % en moyenne à l’heure actuelle, soit sur des fonds euros. Le ralentissement de la croissance mondiale a certes déjà été pris en compte en partie par le marché. Mais l’incertitude demeure quant au rythme d’activité des pays émergents qui ont tiré la reprise des pays occidentaux depuis le début de 2009. Nous sommes d’ailleurs surpris de la faible réactivité des Bourses face à la concomitance de plusieurs chocs titanesques, à savoir le printemps arabe qui a provoqué une flambée des prix des matières premières, le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars au Japon suivis de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima aux répercussions immédiates sur l’activité mondiale, la crise de la dette européenne… En temps normal, de tels événements auraient déclenché un krach des marchés d’actions, encore soutenus, semble-t-il, par la faiblesse des PER (rapport entre les estimations de bénéfices par action sur cours de Bourse, NDLR) des sociétés cotées. Or si les analystes financiers revoyaient en baisse leurs projections de résultats, cet argument pourrait disparaître.

Investir en petites et moyennes capitalisations est-il toujours pertinent ?

Afin de diversifier son portefeuille oui. Elles sont moins sensibles aux évolutions de marchés que les grandes capitalisations car elles ne font pas partie des indices. De plus, suscitant de plus en plus l’intérêt d’investisseurs étrangers, leur liquidité s’accroît. Ensuite, les perspectives de plusieurs valeurs innovantes, positionnées dans la bio-énergie ou la recherche médicale, sont attrayantes.

Faut-il se renforcer dans l’immobilier ?

Mieux vaut être prudent, surtout envers l’immobilier parisien. L’écart se creuse de plus en plus entre la croissance du PIB français et l’évolution des prix des logements anciens, en particulier à Paris. Une telle décorrélation n’a jamais duré, c’est un fait historique… La bulle pourrait se dégonfler. A force, des questions se posent quant à la capacité des acheteurs à financer leurs biens, d’autant plus que les conditions proposées par les banques risquent de se durcir avec la remontée probable des taux. La capacité des emprunteurs à rembourser aussi est en jeu, dans un contexte où marché de l’emploi et pouvoir d’achat s’érodent. Calculant qu’avec cette appréciation des prix, les rendements locatifs des grandes surfaces parisiennes sont insuffisants, certains investisseurs commencent déjà à s’éloigner de ce marché.

A lire aussi