Entretien avec... Alain Dubois, président de Lyxor

« Nous avons optimisé la gestion du ‘swap’ »

le 30/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Les régulateurs et les investisseurs sont plus attentifs aux risques de contrepartie concernant les ETF (« exchange-traded funds »). Comment y répondez-vous ?

Un ETF est soumis en Europe aux règles de diversification de la directive OPCVM, qui stipule que le risque vis-à-vis d’une contrepartie unique doit être limité à 10 %. Nous limitions notre risque de contrepartie via les swaps auxquels nos ETF à réplication synthétique ont recours à 7 % en moyenne. Nous avons optimisé la gestion du swap et réduit cette exposition, qui se situe désormais à environ 1 %. Elle peut même parfois être négative, c’est alors la banque qui est en risque de contrepartie vis-à-vis du fonds, si la valeur de l’indice, dont elle doit offrir la performance, a progressé plus rapidement que celle du panier d’actifs du fonds, détenu en garantie.

Des interrogations se font justement jour aussi au sujet de la qualité des actifs déposés en garantie du « swap » dans les ETF synthétiques. Quelles sont vos règles internes en la matière ?

Les titres détenus par l’ETF n’ont pas d’importance pour la liquidité du fonds. Ils jouent un rôle de collatéral : quand le fonds est vendu, ils sont rachetés par la banque contrepartie du swap. C’est en cas de défaut de cette contrepartie que leur liquidité pourrait être importante pour les investisseurs. La plupart de nos ETF actions sont éligibles au PEA (plan d’épargne en actions, NDLR), aussi contiennent-ils au minimum 75 % d’actions européennes. Nous nous assurons également que la totalité du panier d’un ETF actions peut être liquidée en quelques jours de Bourse, sans qu’un titre représente plus de 10-20 % de ses volumes quotidiens. Concernant les ETF obligataires, la notation des obligations souveraines détenues en portefeuille doit être au moins A (chez Standard & Poor’s), tandis que celle des obligations corporate doit être au moins BBB. En outre, leur qualité doit être supérieure ou égale à celle des composants de l’indice sous-jacent.

Outre ces interrogations, le Conseil de stabilité financière (FSB), entre autres, prône une meilleure information des investisseurs. La transparence a-t-elle été améliorée ?

Beaucoup de nos investisseurs sont de grands institutionnels qui réalisent des due diligence approfondies chez nous et nous apportons des réponses à leurs questions. En outre, nous publions désormais quotidiennement sur notre site internet la valeur du swap ETF par ETF, donc sa part de l’actif, ce qui permet de connaître tous les jours l’importance du risque de contrepartie. De même, nous diffusons sur notre site aussi la composition exhaustive des portefeuilles, sur un rythme mensuel. Les investisseurs sont ainsi informés de la nature des actifs qu’ils récupéreraient si la contrepartie venait à faire défaut.

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