L'avis de… Jacques Tebeka, responsable de la multigestion diversifiée chez Edrim

« Nous avons une approche plus globale sur les fonds »

le 13/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelle place les notations qualitatives des fonds prennent-elles dans votre processus de sélection des fonds ?

Lorsqu’une fiche existe, nous portons un œil attentif sur la note et surtout sur les commentaires faits par les analystes sur le fonds. C’est une bonne source d’information et un regard complémentaire au nôtre. Mais ces notations n’entrent pas en tant que tel dans notre processus de sélection. Nous faisons en effet notre propre analyse. Et lorsque nous n’aimons pas un fonds, c’est notre vue qui prévaut, même si le fonds est bien noté.

Pourquoi ne les utilisez-vous pas plus systématiquement ?

Les études sont très bien faites. Ce n’est pas une question de qualité. Mais nous avons une approche plus globale sur les fonds. Nous ne voulons pas uniquement savoir s’ils sont bons ou pas mais aussi s’ils s’insèrent dans notre allocation. Le risque principal dans la sélection de fonds est l’asymétrie d’information entre nous et le gérant. Dans le cadre de l’évaluation d’un fonds, on peut être séduit par un processus de gestion. Mais c’est dans la durée, grâce aux échanges répétés avec les gérants, qu’il sera possible de mieux comprendre sa philosophie, son approche d’investissement. Surtout, en termes de risque, nous ne pouvons pas nous appuyer sur une analyse externe. Nous ne pouvons déléguer cet aspect.

Les catégories de fonds sont souvent sujettes aux critiques. Qu’en pensez-vous ?

Malheureusement, elles sont, par construction, hétérogènes. Dans la plupart des cas, les fonds classés dans telle ou telle catégorie ont un profil ou un objectif proche mais il existe toujours des fonds mal classés. Il n’y a qu’à regarder les écarts et l’amplitude des performances entre les fonds d’une même catégorie pour s’en rendre compte. Pour un investisseur, le problème se pose surtout pour les fonds bien notés et qui sont mal classés. Prenez l’exemple d’un fonds grandes capitalisations ayant réalisé de bonnes performances grâce à un gros pari en valeurs moyennes. Il sera bien classé dans la catégorie des grandes valeurs mais sa performance ne sera pas directement liée à ses choix d’investissement dans ce type d’action. Bien sûr, ce risque est plutôt lié aux notations quantitatives. Néanmoins, les notations qualitatives incluent une partie de ce risque puisque la performance et la comparaison par rapport aux pairs sont un des critères d’appréciation.

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