LA FEMME CLÉ, Inès de Dinechin, présidente du directoire de Lyxor

« Notre objectif est de dépasser à horizon 2015 les 96 milliards d’euros d’encours »

le 27/06/2013 L'AGEFI Hebdo

La Défense, Tour Société Générale. Un endroit empreint d’histoire pour Inès de Dinechin, qui a passé l’intégralité de sa carrière au sein du groupe bancaire. « Je suis un pur produit Société Générale », glisse la nouvelle présidente du directoire, depuis juin, de Lyxor Asset Management (Lyxor). La professionnelle entend inscrire son action dans la continuité de son prédécesseur, Alain Dubois, avec qui elle travaillait en tandem depuis mars 2012 en tant que directrice générale de la filiale de gestion d’actifs. « Je vais poursuivre le développement de la stratégie mise en place lors de mon arrivée. Celle-ci repose sur les quatre piliers de performance de Lyxor : un pôle de gestion ETF* & indicielle, appelé à se développer davantage sur le continent européen, et un pôle de gestion alternative, un pôle de gestion structurée et un autre de gestion modélisée active, tous trois destinés à générer de la surperformance », explique cette mère de quatre enfants. Le pôle ETF & indiciel représente quelque 40 % des encours de Lyxor, contre 25 % pour les produits structurés et 25 % pour l’alternatif. Le solde de 10 % inclut la gestion modélisée active. « D’ici à trois ans, associée à la croissance naturelle de la gestion passive, la part des ETF devrait représenter plus de 50 % de nos encours, estime-t-elle. Les ‘hedge funds’ resteront importants au sein de notre gamme. La gestion modélisée active devrait, elle aussi, augmenter. Nous développons en particulier notre gamme crédit avec le lancement en juillet de notre stratégie dette senior, et projetons de nous développer dans les

‘loans’ et l’immobilier. Inversement, les fonds structurés présentent moins d’attrait dans les conditions de marché actuelles. »

La croissance passera par des évolutions géographiques. « Notre cœur de clientèle est européen, représentant environ trois quarts de nos encours, avec une implantation historique dans les pays du Sud, aujourd’hui moins actifs que ceux du Nord dans lesquels nous renforçons notre présence (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas et Scandinavie), déclare Inès de Dinechin. Par ailleurs, les Etats-Unis, où nous disposons d’un centre de gestion à New York, et l’Asie, où nos équipes sont réparties entre Hong Kong et Tokyo, auxquelles s’ajoute notre coentreprise en Chine Fortune SG, représentent des axes de développement. »

Dans les deux ans qui viennent, « une part importante de notre croissance devrait être générée par les Etats-Unis et l’Asie ainsi que par l’augmentation de notre pénétration en Europe du Nord. D’ici deux à trois ans, la répartition géographique de nos encours devrait donc se rééquilibrer entre les trois régions », prédit la dirigeante. Pour ce faire, « nous nous basons essentiellement sur la croissance organique. L’an passé, nous avons accru de 40 % la taille de nos équipes de vente », souligne-t-elle. Ces équipes, qui incluent des fonctions telles que le reportinget le marketing, comptent près de 90 collaborateurs, pour un effectif global de « plus de 600 personnes ».

Dans ce contexte, « notre objectif est de dépasser, à horizon 2015, les 96 milliards d’euros d’encours de 2010 », indique la dirigeante. En 2011, ils avaient chuté de plus de 22 milliards d’euros (voir le graphique). « Lyxor est très exposé aux actions et a subi le désintérêt des investisseurs ainsi que la chute des marchés boursiers, explique la quadragénaire. Nous souhaitons accroître notre offre en ‘fixed income’, en vue de permettre à Lyxor d’être résilient à tout type de cycle. » Un domaine que la professionnelle, qui a évolué dix-huit ans sur les marchés obligataires, maîtrise parfaitement et qu’elle quitte en 2009 pour prendre la direction des ressources humaines (RH) de la banque de financement et d’investissement. « Une bonne gestion RH est le principal levier d’efficacité opérationnelle d’une société de services. Les fonctions de production, que j’occupais auparavant, visaient à accroître le compte de résultat, ce qui m’a permis de regarder l’entreprise sous ces deux aspects », confie-t-elle.

Lyxor pourrait par ailleurs profiter d’un environnement plus adapté à son profil. « Notre gamme est plutôt dédiée aux investisseurs qui ont un appétit pour les risques. S’ils sont devenus frileux en 2010 et 2011, leur appétit revient depuis ce début d’année », remarque Inès de Dinechin. Un élement positif, aux yeux de cette dernière, qui souligne que « pour faire de la performance, il faut savoir prendre des risques tout en les contrôlant. » Un credo qu’Inès de Dinechin s’applique à elle-même. Après Dauphine et un MBA de finance à Sciences Po, la jeune femme reçoit plusieurs propositions dont deux de Société Générale : un contrat à durée indéterminée dans le fixed income et un autre à durée déterminée (CDD) dans les dérivés obligataires. « J’ai choisi le CDD, car les dérivés apparaissaient comme un marché naissant et d’avenir », se souvient-elle. Une prise de risque, sous contrôle, récompensée.

A lire aussi