Entretien avec... Christophe Frankel, directeur financier de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF)

« La notion d’Europe a une crédibilité significative auprès des investisseurs »

le 24/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Quel bilan tirez-vous de la première émission de 5 milliards effectuée en janvier ?

Un bilan très positif. Nous avons pu montrer qu’il y avait derrière la notion d’Europe une crédibilité significative, compte tenu du volume d’ordres venant d’Europe et d’ailleurs. Le fait que le Japon souscrive 20 % de l’émission signale une volonté politique affichée de soutien à la stabilité européenne. Le fait que nous ayons eu recours à un groupe de banques très large pour placer notre papier a permis d’avoir accès à un portefeuille plus large.

Les investisseurs américains étaient-ils présents ?

Nous ne pouvions pas placer de papier auprès des investisseurs domestiques américains pour des raisons réglementaires de documentation. Mais ils ont été présents depuis leurs représentations dans l’Union européenne.

Vous cherchez à élargir votre portefeuille ?

Si nous portons la maturité à 7 ou 10 ans, nous nous adresserons forcément à une gamme d’investisseurs plus restreinte. Cela dit, il reste beaucoup de travail à faire pour expliquer ce qu’est la FESF (Facilité européenne de stabilité financière, NDLR). De nombreux opérateurs, particulièrement certains investisseurs de plus petite taille mais qui représentent néanmoins un volume d’actifs sous gestion considérable, n’ont pas pu aller au bout du processus interne de validation.

Les discussions au Conseil des ministres et entre chefs d’Etat sur la gouvernance économique et sur le futur Mécanisme de stabilisation inquiètent-elles les investisseurs ?

Ils ne sont pas inquiets, ils veulent des explications. Ce qui compte pour eux, c’est que les points en suspens soient bien intégrés à l’agenda politique, qu’ils soient en débat.

Quelle sera votre prochaine opération ?

Fin mars, la Commission européenne et le Fonds monétaire international procéderont à leur revue régulière de la situation en Irlande. S’ils donnent leur feu vert, nous ferons une deuxième opération en avril. La durée moyenne des prêts à l’Irlande est de sept ans et demi. A nous de faire en sorte d’arriver à une maturité correspondante, tout en nous adaptant à la demande du marché.

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