Les notations des fonds monétaires bannies

le 12/09/2013 L'AGEFI Hebdo

« Dans le passé, les agences de notation n’ont pas bien travaillé. Elles ont sous-estimé un certain nombre de risques », explique l’eurodéputé Saïd El Khadraoui. Voilà qui en dit long sur la défiance dont font encore l’objet les agences malgré une triple vague de régulation depuis 2009. Il est vrai qu’elles n’avaient pas vu venir le « run » sur les fonds monétaires qui a suivi la faillite de Lehman Brothers. Mais qui envisageait alors une telle faillite ? A présent, la Commission propose d’interdire purement et simplement aux gestionnaires de fonds monétaires de « solliciter ou de payer » une notation externe. L’industrie est convaincue que la Commission poursuit un agenda caché dans le but d’inverser le business model de la notation en la faisant financer par les investisseurs. Cela « vise à 'contrôler le message' concernant le risque en Europe en substituant une supervision réglementaire à de la transparence de marché », a réagi un porte-parole de Moody’s. La Place de Paris, qui vit depuis toujours sans notation externe, ne s’en offusque pas. En revanche le projet d’obliger les fonds à créer en interne leur propre dispositif de notation de crédit risque de peser sur des coûts de gestion déjà sous tension et d’accélérer encore la concentration.

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