Des notations financières sous surveillance

le 13/06/2013 L'AGEFI Hebdo

L’effet sur les spreads de la future directive bail-in ne se limitera pas uniquement à l’évolution de la perception du risque sur les obligations seniors. Ils risquent aussi de s’écarter avec l’évolution des méthodologies de notation. Jusqu’à présent, les agences de rating intègrent dans leur évaluation plusieurs crans de notation liés au soutien de l’Etat au secteur financier. « Une fois que la directive résolution sera appliquée, il n’y a plus de raison que les agences appliquent un rehaussement de leur notation car la notion de soutien de l’Etat n’aura plus lieu d’être », note Thibault Douard, analyste crédit chez Tikehau IM. Des dégradations qui pourraient aller jusqu’à deux ou trois crans. L’effet de ces évolutions sur les spreads des obligations seniors devrait être d’autant plus important que les principaux investisseurs dans ce type d’instruments (compagnies d’assurances, fonds de pension…) sont très sensibles à la notation des émetteurs (ils privilégient les dettes investment grade, voire, pour certains, celles notées au minimum « A »). Or de précédentes évolutions de méthodologie pour l’univers des entités financières de la part de Standard & Poor’s ou Moody’s ont déjà fait décaler ces ratings vers le bas.

A lire aussi