L'avis de... Patrick Moonen, stratégiste senior chez ING IM

«Le nombre de titres cotés diminue»

le 04/04/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment évoluent les volumes d’échanges sur les marchés d’actions ?

Les volumes s’étoffent au fur et à mesure que progressent les marchés. Ce renforcement des flux, en particulier en direction du S&P 500, l’indice américain le plus liquide et le plus représentatif de l’économie américaine, s’explique avant tout par le placement de liquidités provenant des fonds monétaires. L’arbitrage des fonds obligataires vers les fonds investis en actions n’est pas encore d'actualité. Avant d’observer une telle rotation, il faudrait que des incertitudes soient levées concernant la macroéconomie ou la diminution de l’appétit pour les quelques actifs dits « sans risque », à savoir les emprunts d’Etat américains ou allemands. Or la réglementation européenne actuelle (telles Solvabilité II ou Bâle III), qui encourage les investisseurs institutionnels à acquérir des titres souverains, et le vieillissement démographique des pays développés sont deux tendances structurellement favorables à l’investissement en obligataire. Il faut probablement des rendements négatifs avant que les investisseurs changent leur allocation davantage en faveur des actions. Autre phénomène, le nombre de titres cotés diminue. Les émissions nouvelles se font plus rares quand les rachats d’actions se multiplient. Même s’ils s’effectuent à un cours de Bourse élevé, leur coût de financement pour l’entreprise demeure attrayant grâce au bas niveau des taux. Il est inférieur à celui des dividendes à verser aux actionnaires.

Quels risques pourraient freiner l’envolée boursière américaine ?

Le marché américain a du potentiel. Le S&P 500 pourrait encore progresser de 5 % (à 1.600 points) d’ici à la fin de l’année. Cependant, je ne pense pas qu’il ira au-delà. Les investisseurs pourraient, dès lors qu’ils en décèleraient les signaux, s’inquiéter des effets du net durcissement de la politique budgétaire. A moyen terme, éventuellement en 2014, le risque qui pourrait faire flancher les marchés d’actions est l’anticipation d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Sait-on jamais, la croissance économique américaine pourrait s’avérer plus forte qu’attendu.

Quelle est votre allocation d’actifs ?

Nous sous-pondérons l’Europe où les perspectives de bénéfices des entreprises sont moins importantes qu’aux Etats-Unis, région où nous sommes neutres. En revanche, nous surpondérons le Japon. Les actions japonaises sont largement sous-valorisées, d’autant plus que, grâce à la dépréciation du yen, les bénéfices par action des entreprises nippones pourraient progresser de 40 % cette année.

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