Natixis va fusionner 1818 Gestion et Natixis Multimanager

le 25/10/2012 L'AGEFI Hebdo

La banque de gros du groupe BPCE va se doter d’une société unique de multigestion au sein de la Banque Privée 1818.

L’union fait la force. Natixis pourrait faire sien ce credo. Selon des sources concordantes, la banque de gros de BPCE va fusionner ses filiales Natixis Multimanager (NMM) et 1818 Gestion. Toutes deux sont déjà le fruit de plusieurs rapprochements. Le dernier remonte à 2009, lorsque 1818 Gestion est né dans le sillage de la Banque Privée 1818, issue du rapprochement des gestions de fortune des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne. Le 1

erjanvier 2013, 1818 Gestion devrait absorber NMM, actuellement logé dans Natixis Asset Management (NAM). Ce dernier détiendra 40 % du nouvel ensemble, contre 60 % pour la Banque Privée 1818, indique une présentation interne consultée par L’Agefi Hebdo. La société regroupera les compétences du groupe Natixis dans la multigestion, un secteur en crise, notamment dans les fonds de fonds alternatifs (L’Agefi Hebdo du 11 octobre).

« Spécialisée dans la clientèle haut de gamme et patrimoniale », le nouvel ensemble aura une « marque propre », tout en « s’appuyant pour partie opérationnellement sur l’organisation de NAM » et en « conservant une proximité forte avec la banque privée sur le plan commercial », dévoile la note interne. Ce projet baptisé « Elite », que ne souhaite pas commenter Natixis, s’inscrit dans le plan New Deal lancé en 2009 pour rationaliser le groupe. Il suit aussi la réorientation des pôles de gestion de NAM vers un modèle multiboutique, amorcée au printemps (L’Agefi Hebdo du 29 mars).

6,5 milliards d’encours

L’ensemble formé par NMM et 1818 Gestion gérera environ 6,5 milliards d’euros. Chez NMM, les actifs sont passés de 1,9 milliard d’euros fin 2011 à 1,6 milliard au 30 juin 2012. Ils ont même reculé d’un milliard (-40 %) au cours des trois dernières années, marquées par une décollecte continue, signale le rapport du cabinet Secafi, mandaté par les élus du personnel de NAM. NMM pâtit de sa dépendance à quelques clients institutionnels et de performances décevantes. Les actifs de 1818 Gestion ont de leur côté reculé de 20 % l’an dernier, pénalisés par le transfert de ses fonds monétaires chez NAM, mais ils ont progressé de 4,4 à 4,8 milliards d’euros au premier trimestre. Son taux de marge est inférieur à celui de NMM, mais les deux entités subissent une érosion de leur rentabilité, explique le cabinet Apex dans un pré-rapport pour les élus de la Banque Privée 1818.

La fusion en une seule « boutique » devrait leur donner plus de visibilité, mais elle n’abaissera pas le point mort. « Le projet table à court terme sur une juxtaposition des structures existantes, stratégie qui résulte d’une structure de fonds et de clientèle différente, estime Apex. Néanmoins, à terme, des choix pourraient être effectués sur certaines fonctions visant à optimiser la structure. » S’estimant insuffisamment informés sur la stratégie future de la société, le comité d’entreprise de NAM a refusé de rendre un avis sur la fusion, rapporte une source syndicale. Celui de la Banque Privée 1818 devait se prononcer le 24 octobre. Au prix d’une renégociation de leurs avantages sociaux, les 27 salariés de NMM devraient rejoindre les 47 de 1818 Gestion, installés avenue George V. Il n’y aura toutefois qu’un seul patron. Ce devrait être Marc Riez, le numéro un de 1818 Gestion, épaulé par la directrice générale de NMM, Isabelle Reux-Brown.

Le plan d’action prévoit un doublement, d’ici à 2015, du résultat d’exploitation de la nouvelle société de gestion (voir le tableau). Elle devra intensifier ses relations avec les autres entités du groupe, notamment via des synergies de process avec NAM et un meilleur partage des marges avec La Banque Privée 1818. La gamme de produits sera également rationalisée, le nombre de fonds ouverts devant être ramené de 60 à 38. Parallèlement, les gérants devront développer des fonds dédiés et des mandats de multigestion pour la clientèle patrimoniale, confie une source proche de la banque. En 2015, la collecte devra atteindre 630 millions d’euros. Pour cette année, Natixis table sur des sorties totales de 342 millions, indique la note interne.

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