N’est pas « activiste » qui veut

le 02/06/2011 L'AGEFI Hebdo

« Un fonds habitué à investir en majoritaire dans des ‘midcaps’ non cotées, qui veut reproduire sa stratégie en entrant en minoritaire dans une ‘large cap’ cotée, cela n’a pas de sens ! », lance un observateur à propos de ces spécialistes du private equity qui, pour la plupart, ont investi en 2007-2008 dans des sociétés en Bourse. Par exemple, le fonds activiste américain Pardus Capital est entré au capital de Valeo et d’Atos en visant des problèmes de gouvernance précis. Après avoir obtenu le remplacement des managers, il a ensuite reconnu le travail des nouveaux dirigeants pour améliorer les marges. Son courrier virulent de mi-avril à la direction de l’équipementier automobile (alors qu’il est descendu au-dessous de 5 % du capital) avait juste pour but de la secouer en posant les questions sur ses stratégies d’acquisitions et de communication financière.

Plus de trois ans après, la holding Wendel n’a pour sa part pas encore recueilli les fruits de sa stratégie alternative menée dans Saint-Gobain, et a dû signer un nouvel accord de coopération à long terme avec l’entreprise dont elle détient encore 17,5 % (avec trois administrateurs sur seize). Les holdings de Colony présentes dans Carrefour (14 % avec le groupe Arnault) et Accor (27 % avec Eurazeo) n’ont pas retrouvé leur niveau d’entrée (même après la scission d’Edenred), au contraire de PAI dans Atos depuis quelques mois. La différence ? Ce dernier est resté en phase avec le manager recruté en 2008 (Thierry Breton), et n’a pas connu les problèmes de gouvernance des autres, sur des décisions stratégiques. Chez Carrefour, Colony et groupe Arnault doivent même aujourd’hui affronter un autre fonds activiste, Knight Vinke, qui détient 1,5 % du capital et menace de troubler l’assemblée générale du 21 juin en fédérant 45 actionnaires représentant 20 % contre les projets de scission (pour 100 % du pôle espagnol Dia et pour 25 % du pôle immobilier Property).

A lire aussi