Centenaire de L'Agefi - Volet 9

Monsieur « Trente Glorieuses »

le 21/04/2011 L'AGEFI Hebdo

La croissance, la vraie, à 3 %, 4 % ou 5 % l’an, la France l’a connue. C’était entre 1945 et le milieu des années 70. Un souvenir lointain mais auquel on se réfère aujourd’hui comme étant la période des « Trente Glorieuses ». Passée dans le langage courant, l’expression est devenue synonyme de prospérité et de plein emploi. Mais qui se souvient qu’on la doit à l’économiste Jean Fourastié (photo), proche collaborateur de Jean Monnet au Commissariat au Plan d’après-guerre, haut fonctionnaire international, enseignant et collaborateur de nombreux journaux et revues ?

Ce passionné de progrès technique n’était pas seulement, avec Alfred Sauvy, le seul « homme capable de prendre une vue d’ensemble de la situation économique française », comme le confessera plus tard Jean Monnet. Il était aussi un grand vulgarisateur de l’économie, ce qui ne plaisait pas à tout le monde. « Il était rejeté par le milieu des profs parce qu’il n’était pas agrégé et il n’était pas admis par les milieux d’affaires parce qu’il était prof », note à l’époque Michel Drancourt, l’un des pionniers du journalisme économique moderne, qui le reconnaît comme « certainement un de ceux qui a le plus fait pour l’information économique en France ».

Auteur de très nombreux ouvrages écrits dans un langage simple et clair et qui ont connu le succès auprès du grand public, Fourastié publia Les Trente Glorieuses en 1979. Il fut ainsi le premier à caractériser et à baptiser cette période de croissance continue exceptionnelle par sa durée et par sa constance - entre 4 % et 5 % en moyenne. Période qui fut également celle d’une profonde transformation des structures économiques (hausse du pouvoir d’achat, quasi plein emploi, boom de la consommation de masse, etc.) et sociales (exode rural, urbanisation) du pays.

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