Mirabaud & Cie cherche à se faire un nom dans la gestion d’actifs

le 03/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Désormais isolée de la gestion privée et de l’intermédiation, la division a repensé sa gamme et plus que doublé ses effectifs.

Reconnue pour son activité historique de banque privée, Mirabaud & Cie entend donner de la visibilité et de l’ampleur à sa gestion d’actifs. Si cette activité existe depuis de nombreuses années au sein de la banque suisse, un coup d’accélérateur a été donné il y a trois ans dans le sillage de la nomination de Lionel Aeschlimann. « Mirabaud Asset Management (AM), dont la marque n’existe que depuis 2011, est une start-up de deux cents ans, s’amuse l’associé gérant, responsable de l’entité. Alors que la gestion d’actifs se fondait parmi les autres pôles que sont la gestion privée et l’intermédiation avec une organisation par pays, l’organisation par lignes de métier permet désormais de développer une stratégie globale et cohérente pour cette activité. » La gamme, composée d’une vingtaine de fonds, a été repensée. « Nous restons une boutique spécialisée dans la gestion active et alternative, souligne Lionel Aeschlimann. Nous avons procédé à la fermeture d’une dizaine de fonds au cours des deux dernières années, à l’image de trois produits actions européennes au sein d’une offre qui en proposait cinq. Parallèlement, dix fonds ont été créés. »

Les développements s’accompagnent d’un renforcement des équipes avec des recrutements de choix. Mirabaud AM, qui a coopté en 2012 Daniel Tubbs, ex-coresponsable des marchés émergents chez BlackRock, a lancé un fonds actions dédié à cette zone géographique gérant 120 millions de dollars (89 millions d’euros) fin septembre 2013. Après l’arrivée de Renaud Martin, ancien responsable du département obligations convertibles chez Calyon, pour lancer fin 2012 un fonds axé sur l’Europe (200 millions d’euros d’encours à fin septembre), l’équipe a accueilli cet été Nicolas Crémieux, ex-Dexia AM, pour créer un fonds convertible monde, lancé d’ici à début novembre. Suite à l’arrivée d’Andrew Lake, ex-Aviva Investors, un fonds high yield, né en début d’année, gère désormais 200 millions de francs suisses (163 millions d’euros).

Une croissance de 10 % des actifs

Parmi les derniers recrutements, Anu Narula, qui travaillait chez Axa Framington, a chapeauté la création cet été d’un fonds actions monde (50 millions de dollars d’encours). Dans la gestion alternative, où Mirabaud & Cie affiche un historique de 40 ans et a investi dans les premiers fonds du milliardaire George Soros, la société a procédé à une dizaine d’embauches (dont quatre analystes et quatre professionnels en charge des risques et des aspects opérationnels). « Les équipes, composées d’une petite quarantaine de collaborateurs lors de mon arrivée en 2010, comptent désormais près de 90 personnes », déclare Lionel Aeschlimann.

De 7 milliards de francs suisses en 2010, les encours de Mirabaud AM atteignaient 8,5 milliards fin 2012 (dont 5 milliards dans la gestion alternative), soit 35 % des actifs gérés à l’échelle du groupe (voir le graphique). Ils s’élevaient à 9,4 milliards fin août. « Notre principal objectif sur les douze prochains mois est de consolider nos nombreux développements des deux dernières années, confie l’associé gérant. Nous misons sur une croissance annuelle de nos encours de l’ordre de 10 %. En 2013, nos actifs devraient augmenter d’un milliard de francs suisses, intégrant une collecte nette d’environ 600 millions. » En France, où Mirabaud AM gérait 600 millions d’euros fin 2012, l’équipe compte une dizaine de collaborateurs, dont deux recrutés en 2013 (un commercial et un gérant obligations convertibles monde). « Nous souhaitons dans un premier temps obtenir un référencement auprès des plates-formes bancaires, puis toucher les conseillers en gestion de patrimoine indépendants », avance Lionel Aeschlimann.

A l’image de ses concurrentes Pictet et Lombard Odier, qui ont renoncé au statut juridique de « banquiers privés » rendant les associés gérants indéfiniment responsables, Mirabaud & Cie a annoncé cet été la création d’une société en commandite par actions à compter de 2014. Cette modification s’accompagnera de la création d’une banque au Luxembourg. « Cette banque constituera la colonne vertébrale de la banque privée en Europe. Nous allons aussi transformer le statut de nos entités de teneurs de compte à Barcelone, Paris et Londres en succursales bancaires, explique le responsable. Ces modifications juridiques ont uniquement pour but d’alléger les structures et d’en améliorer l'efficience. » Par ailleurs, alors que les fonctions de dépositaire et d’administrateur des fonds de placement ont été déléguées l’an passé à Pictet, « d’autres, à l’image des Kiid (documents d’information pour l’investisseur, NDLR), pourraient être externalisées l’an prochain », estime-t-il.

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