L'avis de... Joakim Darras, cofondateur de Finvex*

« Le ‘minimum variance’ a prouvé son efficience sur le long terme »

le 21/02/2013 L'AGEFI Hebdo

L’année 2013 commence-t-elle sur de bonnes bases pour les indices de faible volatilité ?

C’est mitigé. La volatilité des marchés est fortement retombée. Elle est aux alentours de 15 % en Europe et à 10 % dans le monde. Il est donc mécaniquement plus difficile de faire mieux et de proposer à nos clients une volatilité encore plus basse. Selon nos produits, nous parvenons à réduire la volatilité de nos portefeuilles aux environs de 10-11 % pour les valeurs européennes et 7-8 % pour des portefeuilles globaux. Le sentiment sur le marché est également plus positif, ce qui encourage la prise de risque des investisseurs.

En termes de performance, comment réagissent les stratégies de faible volatilité dans ce contexte ?

Elles ont eu tendance à sous-performer les marchés en 2012. Le MSCI Europe Min Vol a enregistré une performance de 12 %, contre 17,30 % pour le MSCI Europe. Mais cela est déjà arrivé par le passé et ne change en rien nos convictions que, sur le moyen-long terme, ces stratégies feront mieux que le marché, surtout si ceux-ci se remettent à chuter. L’an dernier, les stratégies high conviction (sans contraintes sectorielles, NDLR) ont notamment sous-pondéré les valeurs financières qui ont bien performé ces derniers mois en Europe.

Quel est le sentiment des investisseurs vis-à-vis de vos produits ?

Il y a deux catégories d’investisseurs : les fonds de pension et les autres acteurs, plus réactifs. Les premiers veulent continuer à implémenter les solutions de faible volatilité comme une nouvelle manière de générer de l'alpha à long terme tout en réduisant les risques. Les autres nous demandent si nous pouvons intégrer les portefeuilles dits « low risk » à d'autres stratégies pour essayer de maintenir un alpha plus constant même à court terme. Nous leur proposons de continuer à investir dans ce type de stratégie : il n’y a pas de logique à en changer, elles ont prouvé leur stabilité et leur performance sur les longues périodes (8,7 % par an avec une volatilité moyenne de 13,5 %, contre un marché européen de 1,9 % par an avec une volatilité moyenne de 19 %). En revanche, il est possible de les panacher avec d’autres investissements qui vont permettre d’aller chercher de l’alpha ailleurs : on peut par exemple ajouter des stratégies complémentaires value ou mean reversion (retour à la moyenne, NDLR) aux solutions low risk existantes. Cela donne des résultats intéressants à court, moyen et long terme, tout en diversifiant la provenance de l’alpha et en réduisant les risques.

*Société spécialisée dans la construction de portefeuilles et solutions de faible volatilité.

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