Mieux que l'Italie

le 19/09/2013 L'AGEFI Hebdo

Edwige Murguet

Les gérants d’actifs préfèrent l’Espagne à l’Italie, que ce soit sur les marchés obligataires ou d’actions. En trois mois (au 17 septembre 2013), l’indice IBEX 35 Madrid a gagné plus de 9,5 % tandis que le FTSE MIB a progressé de 8,7 %. Depuis janvier, l’indice madrilène s’est adjugé près de 9,2 % et l’indice milanais 8,3 %. Les boursiers apprécient les progrès réalisés par l’Espagne en termes de compétitivité, anticipant un accroissement des bénéfices des entreprises ibériques. Mais la préférence pour la Bourse madrilène s’explique autrement : « L’Italie est très sensible au risque politique », indique Patrick Moonen, stratégiste senior chez ING IM. Epaulé par une majorité confortable, le gouvernement espagnol peut mener la politique qu’il souhaite, ce qui n’est pas le cas à Rome du gouvernement d'Enrico Letta, sans cesse menacé par les alliés de Silvio Berlusconi. Cette situation trouble pèse aussi sur les titres souverains italiens, au point de les rendre moins attractifs que les emprunts d’Etat espagnols. « Pour la première fois depuis février 2012, le rendement du 'bono' 10 ans est passé sous celui du BTP italien de même maturité », observent les analystes de Natixis. La contraction rapide de ces dernières semaines du 'spread’ « entre les deux actifs coïncide avec l’aggravation du climat politique en Italie. »

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