M&G engrange les fruits de son expansion sur le continent

le 14/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Le gérant de fonds britannique a l’ambition de figurer parmi les cinq plus gros acteurs transfrontaliers en matière de ventes nettes.

La France est désormais son deuxième marché européen avec 1,7 milliard d’euros sous gestion à fin mars. Sous la houlette de Brice Anger, directeur du développement, M&G France a dépassé les attentes du groupe britannique : ses objectifs initiaux étaient de lever un milliard d’euros sur une période de trois à cinq ans. « Outre de bonnes performances et une réelle qualité de gestion, notre succès repose sur une vraie diversification en matière de clientèle et de produits », explique Brice Anger. Le gérant, qui emploie six personnes à Paris, a noué un accord avec le third party marketer (intermédiaire) Compagnie Financière Jacques Cœur afin de mieux se rapprocher des fonds de pension et des caisses de retraite.

Déploiement européen

L’an dernier, M&G France s’est positionné à la deuxième place des collecteurs de fonds - sur un total de 42 - avec 814 millions d’euros levés et occupait, à fin mars 2011, le septième rang des acteurs transfrontaliers sur ce marché en termes d’actifs sous gestion (source : Lipper FMI SalesWatch). Depuis la création du bureau français, l’entreprise a lancé six fonds qui ont levé plus de 150 millions d’euros : « Notre ambition en France est de nous positionner à la cinquième place des acteurs étrangers en matière de fonds ouverts en gestion active alors que nous occupons actuellement la septième place », indique Brice Anger. Une ambition qui reflète plus largement les objectifs du groupe sur le marché européen : être parmi les cinq acteurs transfrontaliers en termes de ventes nettes, un rang dont il se rapproche depuis déjà quelques mois.

Fondé en 1901, le gérant anglais M&G Investment Management a ainsi subi au cours de ces dix dernières années une véritable métamorphose. Uniquement centrée sur le marché britannique jusqu’à la fin des années 90, cette société gérant au total 226 milliards d’euros d’encours a étendu son champ d’action en Europe, suite à son rachat par l’assureur britannique Prudential en 1999. Quelque douze ans plus tard, l’asset manager, qui comptait 13,1 milliards d’euros d’actifs sous gestion purement britanniques en 2001, reposait, à fin mars, sur des actifs retail de 47,5 milliards d’euros, dont 24 % à l’international. Les entrées nettes de capitaux du marché européen ont représenté 39 % du total du groupe en 2010 comparé à 19 % en 2009. En une décennie, le groupe a mené une politique d’expansion mesurée et active en Europe qui a vu M&G s’établir d’abord en Allemagne en 2001, son plus gros marché étranger avec 3,9 milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin mars 2011, puis en Autriche en 2002, en Italie, son troisième marché européen avec 1,6 milliard d’euros d’actifs sous gestion en 2003, en Espagne en 2005 et finalement en France fin 2007. Fin 2010, le gérant a également enregistré des fonds en Suède et aux Pays-Bas. « Au cours des trois dernières années, nous avons changé de statut et sommes passés d’une perception de simple boutique spécialisée en ‘global equity’ en Europe à celui d’un gérant actions et ‘fixed income’, souligne Jonathan Willcocks, directeur et responsable des ventes globales chez M&G. Actuellement, nous bénéficions d’une reconnaissance grandissante dans la sphère du ‘multi-asset’. »

Obligation de résultats

Le repositionnement de ses services, conséquence de la crise financière, a également permis à M&G de gagner des points sur le marché européen : « Au cours des dix-huit derniers mois, nous avons observé une transformation radicale de la distribution européenne : autrefois, la plupart des gérants avaient pour habitude de se rendre en Europe avec une nouvelle marque et de se concentrer sur les fonds de fonds de gérants de fortune, expose Jonathan Willcocks. Mais après 2008, nous avons constaté une moindre dépendance de la distribution des fonds de fonds par les canaux bancaires et une montée en puissance des concepts de banque privée et de services de conseil. Nous sommes très bien positionnés pour répondre à ces nouvelles tendances. » Le gérant de fonds a ainsi multiplié les accords de partenariat avec un certain nombre de banques en Europe et en Suisse dans cet objectif, sans en préciser l’identité.

De l’avis de Jonathan Willcocks, l’après-2008 a également permis d’assister à un changement de comportement de l’investisseur retail : « Les investisseurs s’intéressent désormais beaucoup plus à des solutions orientées vers les résultats : ils ne veulent pas voir une chute de 30 % de la valeur de leurs actifs, conséquence d’une forte volatilité. » Une mission que M&G se dit également prêt à honorer.

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