Rencontre avec... Chris Cummings, directeur général de CityUK*

« Une meilleure cohérence des politiques réglementaires est souhaitable »

le 11/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Six ans après le début de la crise financière, comment caractérisez-vous la situation de la place londonienne ?

Suite à nos conversations avec les Etats membres de l’Union européenne, nous avons le sentiment aujourd’hui que Londres est clairement le centre financier de l’Europe et que ses atouts peuvent aussi bien servir à Francfort qu'à Paris. L’appréciation du marché unique est aussi beaucoup plus développée qu’elle ne l’était avant la crise financière. C’était alors un projet en développement et non cet incroyable marché de 500 millions de personnes qu’il représente aujourd’hui.

Vous insistez sur les liens très forts entre l’Union européenne et le Royaume-Uni alors même que les différends restent nombreux. Comment conciliez-vous ces deux attitudes ?

Nous essayons à chaque fois d’être prudents. Dans le dossier sur le plafonnement des bonus accordés aux banquiers, la Financial Services Authority était parvenue à établir un code de rémunération solide, encadrant de manière suffisante l’attribution des rémunérations variables. Or l’Union européenne a décidé que ce n’était pas assez. Sur le fond, nous pensons que l’élément variable, à la différence des coûts fixes, peut permettre aux entreprises de réagir rapidement en cas de déboires. D’ores et déjà, les investisseurs asiatiques et américains hésitent à nous envoyer des talents, de peur qu’ils ne soient pris dans les mailles d’un filet réglementaire qui ne s’applique qu’en Europe. Pour autant, nous continuons à soutenir vigoureusement l’appartenance du Royaume-Uni dans l’Union. Nous aurions probablement dû mettre en place un agenda positif au sein duquel il aurait fallu passer en revue les moyens d’améliorer cette relation et approfondir le marché unique. A l’avenir, nous comptons beaucoup sur l’instauration d’un climat de confiance entre les régulateurs mondiaux, un secteur dans lequel des progrès restent à faire. L’arrivée d’un nouveau gouverneur à la Banque d'Angleterre (BoE) peut créer les conditions d’un meilleur dialogue entre la BoE et la Banque centrale européenne. A défaut de convergence de vues, une meilleure cohérence des politiques réglementaires est souhaitable.

*Représente les intérêts du Royaume-Uni sur la scène financière internationale.

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