L’avis de… Aymeric Poizot, responsable de la recherche en gestion d’actifs chez Fitch Ratings

« La marge sur encours des grandes maisons françaises se détériore »

le 23/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Quel est le principal enjeu des grands acteurs français de la gestion ?

La question des marges devient un sujet crucial. Quand on regarde les résultats de certaines filiales de banques françaises, on constate une croissance d’environ 8 % à 10 % des encours sur un an mais une stabilité, voire une légère baisse de leurs revenus car la marge sur encours se détériore. C’est lié au mix produits avec une collecte souvent restée sur des produits obligataires offrant une faible rentabilité et à une pression tarifaire des institutionnels sur les mandats de gestion et de plus en plus dans la distribution pour compte de tiers. Or en moyenne, la marge sur encours se situe autour de 20 à 30 points de base (pb) pour les acteurs français, là où elle se situe à plus de 50 pb pour certains acteurs internationaux.

Comment peuvent-ils réagir ?

D’abord, via l’amélioration du coefficient d’exploitation en faisant la chasse à la prolifération des produits et en simplifiant les organisations, notamment le nombre de processus de gestion. Enfin, par la reprise en main de la politique tarifaire en mettant l’accent sur les gestions actives globales, les spécialités ou les track records les plus performants.

Quel regard portez-vous sur leur internationalisation ?

Le développement international reste compliqué et concurrentiel. La croissance existe dans la distribution en Asie ou chez les institutionnels aux Etats-Unis mais également en Europe avec des poches d’investisseurs importantes. L’approche par les participations peut bien fonctionner, comme le montrent les affiliés chez Natixis Global Asset Management. Dans le cas de l’approche en direct, il est nécessaire d’avoir les bonnes expertises et une gamme réduite avec un bon historique. Ce développement nécessite également d’avoir un dispositif commercial idoine et de faire beaucoup de marketing en local. Cela prend du temps mais les dispositifs des acteurs français commencent à porter leurs fruits dans certains cas.

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