L'avis de... Sébastien Domanico, responsable mondial des émissions de dettes institutions financières chez Société Générale CIB

« Le marché primaire obligataire reste calme sur les financières »

le 13/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment a évolué le marché primaire des obligations bancaires en euros depuis le début de l’année ?

Le début d’année très favorable a été une bonne surprise pour tout le monde. On ne s’attendait notamment pas à voir des émetteurs périphériques si rapidement. Mais après un démarrage sur les chapeaux de roue, avec pour la première fois en janvier l’ouverture du marché par un émetteur autre que français ou d’Europe du Nord, en l’occurrence BBVA, le marché s’est calmé avec le retour de certaines tensions sur la zone euro, puis sur les marchés de taux. Le marché a repris ces dernières semaines, notamment sur le marché des covered bonds qui sont les plus faciles à placer après une période d’inactivité, mais reste très calme avec des volumes d’activité en retrait de 10 % sur les émissions seniors et de 30 % sur les covered bonds par rapport à 2012.

Et concernant les subordonnées ?

Il y a en effet plus d’activité sur ces titres maintenant que le cadre fixé par la directive CRD4 est plus clair. L’émission des premiers

Tier 1compatibles Bâle 3 par BBVA a lancé le mouvement. De nombreuses banques sont actuellement en roadshow pour venir sur ce marché. Elles veulent profiter de la forte demande d’investisseurs qui cherchent

du rendement.

La faiblesse des rendements sur certains titres et émetteurs influe-t-elle sur l’appétit des investisseurs ?

C’est peut-être l’une des nouveautés ces dernières semaines : les opérations les plus difficiles à réaliser semblent être paradoxalement celles qui affichent les meilleurs crédits (banques françaises, belges ou d’Europe du Nord). Ce sont aussi celles qui offrent les rendements absolus les plus bas. Les investisseurs montrent davantage de sensibilité aux taux. Cela se traduit par des livres d’ordres moins sursouscrits qu’auparavant. Ainsi, alors que l’on avait une demande deux fois supérieure à l’offre il y a quelques mois, le livre d’ordres n’est plus que de 1,2 à 1,5 fois. Cela ne veut toutefois pas dire qu’il n’y a plus d’argent à investir. Les investisseurs sont toujours aussi nombreux mais ils demandent des tickets moins importants. Ce phénomène est également visible sur les spreads des émissions. Si, auparavant, elles étaient souvent mises à prix en dessous de la fourchette initiale, elles le sont désormais dans la fourchette, et au mieux dans la borne basse.

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