Un marché primaire moins soutenu

le 17/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Les tensions dans l’obligataire se lisent clairement aussi sur le marché primaire. Les livres d’ordres des émissions

corporatesont largement sursouscrits, parfois de l’ordre de dix fois, et les investisseurs sont très peu servis. « Le stress pour ces derniers est désormais de trouver des actifs diversifiés, souligne Alain Gallois, responsable de la plate-forme de dette chez Natixis. Leurs allocations sont tellement faibles qu’ils s’intéressent à de nouvelles classes d’actifs. » Une situation qui pourrait perdurer alors que le volume global d’émissions devrait, quant à lui, diminuer cette année. Les équipes des marchés de dette en euros de la Société générale anticipent un recul de plus d’un tiers du volume d’émissions, par rapport à 2012, à 130 milliards d’euros. « Les conditions exceptionnellement favorables sur le marché primaire l’an dernier ont incité de nombreux émetteurs à anticiper leurs besoins de financement pour 2013, indique Félix Orsini, coresponsable de l’origination corporate chez SG CIB. Et nous n’anticipons pas suffisamment de fusions-acquisitions pour compenser ce volume. » Le primaire high yieldsera légèrement plus soutenu compte tenu du mouvement de désintermédiation avec l’arrivée de nouveaux noms, mais avec des montants d’émissions moindres. La Société Générale prévoit 31 milliards d’euros, contre 30 milliards en 2012. Toutefois, la nouveauté en 2013 sera la montée en puissance des placements privés en zone euro. Déjà, l’an dernier, 16 entreprises ont eu accès au marché par ce biais et ont levé 2,7 milliards d’euros. Mais aucun spécialiste ne s’aventure à donner des objectifs pour 2013.

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