L'avis de... Cyril Hoyaux et Christophe Murciani, codirecteurs du département debt advisory chez Jones Lang LaSalle

« Le marché du financement immobilier se détend en France grâce à l’arrivée de prêteurs alternatifs »

le 18/04/2013 L'AGEFI Hebdo

Les fonds de dette sont-ils actifs sur le marché français ?

Depuis le début de l’année, nous avons noté une détente sur le marché du financement immobilier en France grâce à l’arrivée de prêteurs alternatifs, comme les fonds de dette ou des assureurs en direct, en complément des banques. Ces nouveaux acteurs du financement sont de deux types et interviennent sur des actifs différents. D’abord, des fonds de prêts visant des investisseurs de long terme du type compagnie d’assurances qui s’intéressent en priorité à des créances sur des actifs core bien situés, sans risque locatif, offrant des duration de 7 à 9 ans et un levier limité. Ensuite, des fonds juniors ou mezzanine, dont certains se concentrent sur le distressed, qui s’adressent à des investisseurs capables de prendre plus de risque sur une période courte. Dans cette catégorie, nous trouvons des acteurs du monde du private equity.

A combien estimez-vous les besoins de refinancement du secteur en France ?

Entre 12 et 13 milliards d’euros au cours des quatre prochaines années. Ce montant résulte des importantes sommes empruntées avant la crise sur des financements de 5 à 7 ans et qui arrivent

à échéance. Ces besoins pourraient être en partie couverts par ces nouveaux acteurs du financement. Le problème est que l’offre est dispersée. Aujourd’hui, il est difficile pour un emprunteur de savoir qui prête quoi et à qui. C’est pourquoi nous avons démarré en janvier une nouvelle activité de conseil en financement (debt advisory) afin d’accompagner les emprunteurs dans un segment du financement très fluctuant et de concilier leurs besoins en termes de maturité, de coûts… et ceux des prêteurs.

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