Rencontre avec... Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l’Association française de la gestion financière

« Le marché domestique n’offre plus de perspectives de croissance »

le 31/01/2013 L'AGEFI Hebdo

par Philippe de Bailliencourt

Pour la troisième année consécutive, les fonds de droit français enregistrent une décollecte nette. Pourquoi ?

La gestion collective française s’est avant tout construite sur son marché domestique. Or l’épargne française se porte mal. Depuis le début de la crise, les institutionnels classiques, qui représentent les trois quarts du marché, se retirent. Les assureurs subissent les conséquences des évolutions réglementaires et la perte de vitesse de l’assurance-vie (en décollecte nette pour la première fois en 2012). Les caisses de retraite puisent dans leurs réserves pour payer les pensions, et les banques ont diminué leurs investissements en actions. Les particuliers, eux, ont subi deux crises boursières majeures en dix ans sans compter que la fiscalité n’incite pas à l’épargne long terme.

Y a-t-il des solutions à l’international ?

Quand le marché domestique n’offre plus de perspectives de croissance, il faut aller chercher celle-ci à l’international. Les nouvelles sources de collecte sont en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud… Nombre de nos sociétés de gestion, grandes et petites, y connaissent déjà le succès. Pour certaines, la collecte ne s’est d’ailleurs faite pratiquement qu’à l’étranger cette année. Mais la concurrence y est rude. Cela accélérera la phase de maturité de l’industrie.

Les anglo-saxons ont-ils pris de l’avance ?

Ils ont beaucoup investi dans le marketing et le commercial. Cela compte. D’autre part, avec la réglementation européenne en vigueur, il est plus facile pour un fonds anglo-saxon de se développer en Europe que pour un fonds européen de se développer aux Etats-Unis. Dans le développement à l’étranger, les fonds anglo-saxons ont gagné des parts de marché ces trois dernières années.

A lire aussi