Rencontre avec… Jacques Lemoine, directeur de Gras Savoye Fine Arts

« Un marché de 20 à 22 millions d’euros de primes »

le 25/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Que représente le marché français de l’assurance des œuvres d’art ?

Ce secteur dépend beaucoup de la valeur des objets d’art qui a fortement augmenté depuis la fin des années 90 en raison de l’engouement pour l’art contemporain, ce qui a aussi eu un impact sur les œuvres classiques. Mais si les valeurs sont importantes, les primes le sont beaucoup moins. On estime que le marché français de l’assurance des œuvres d’art représente entre 20 et 22 millions d’euros de primes par an, dont 9 à 10 millions pour les musées. C’est encore un marché de « niche ».

Comment expliquez-vous l’étroitesse de ce marché ?

De fait, les particuliers assurent très peu les œuvres qu’ils possèdent car ils ne souhaitent pas communiquer leur patrimoine, ce qui correspond à une culture française. Les principaux clients sont donc des professionnels, galeries, maisons de ventes et musées. Qui plus est, le nombre d’acteurs dans l’assurance est limité et ils se livrent une guerre des prix alors même que le marché n’est pas exponentiel. Ce segment nécessite d’avoir des capacités de souscription importantes, d’au moins 50 millions d’euros de fonds propres, afin de pouvoir indemniser des sinistres qui peuvent être graves. Résultat : peu de compagnies et d’intermédiaires se lancent. C’est un marché à haute valeur ajoutée et de spécialistes.

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