Une longue tradition d’opposition

le 27/02/2014 L'AGEFI Hebdo

Quand il s’agit de défendre les intérêts de la City, le Royaume-Uni redouble d’habileté dans la négociation. Craignant d’être systématiquement mis en minorité par les pays de la zone euro, il est ainsi parvenu à renégocier les droits de vote au sein du régulateur, l'European Banking Authority (EBA), de manière à avoir plus de poids. Dès qu’une réglementation menace les intérêts de la City, les Britanniques contre-attaquent en portant les dossiers épineux devant la Cour européenne de justice : fin 2011, le Royaume-Uni s’était opposé à la volonté de la BCE (Banque centrale européenne) de contraindre certaines chambres de compensation qui traitent de transactions en euros à s'installer dans la zone euro. Londres a également porté devant l’autorité européenne le projet de la taxe sur les transactions financières et la directive sur le plafonnement des bonus, entrée en vigueur au mois de janvier. Si ces différents dossiers sont encore en attente d’un arrêt, Londres a en revanche essuyé récemment un revers. Le gouvernement, qui avait déposé un recours en juin 2013 contre le Parlement européen et le Conseil des ministres, suite à l’interdiction par l’Esma (l’Autorité européenne des marchés financiers) en novembre 2012 de l’achat-vente de CDS sur la dette souveraine si l’investisseur ne possédait pas le titre correspondant, vient de se voir infliger une décision négative : la Cour européenne de justice a rendu un arrêt reconnaissant à l’Esma le pouvoir d’intervenir en urgence sur les marchés financiers des Etats membres pour réglementer ou interdire la vente à découvert.

A lire aussi