Londres prêt à servir le déploiement international d’Amundi

le 01/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Après une sévère chute de ses actifs, l’équipe reconstituée depuis un peu plus d’un an se donne les moyens de rebondir, en diversifiant son offre.

Au regard du marché des produits monétaires, Crédit Agricole ne peut que se féliciter : dans la gestion d’actifs, intégrant Amundi (75 % Crédit Agricole, 25 % Société Générale) et les activités de gestion de la BFT (rachetées au 1

erjuillet 2011 par Amundi), il a collecté, en net, 1,7 milliard d’euros (voir le tableau). Le développement d’Amundi auprès de la clientèle institutionnelle à l’international paye. Et son équipe londonienne compte bien y prendre part. Laurent Crosnier s’y est attelé en avril 2010, succédant à un gérant charismatique, Bruno Crastes, à la tête d’une centaine de professionnels. Son mandat : impulser le rebond. Pour ce faire, « nous avons renforcé nos équipes londoniennes par des gérants (sur les actions internationales, les dettes ‘corporate’ et émergentes ainsi que sur la volatilité), mais aussi par des contrôleurs des risques et des commerciaux », souligne-t-il. Patrick de Fraguier, responsable de la stratégie d’Amundi à Paris, vient d’ailleurs d’être nommé chief risk officer à Londres.

Brutal retournement

L’histoire de Crédit Agricole Asset Management (CAAM) Londres (devenu Amundi Londres en 2009) avait commencé en 1999, quand la gestion d’obligations internationales avait traversé la Manche avec une dizaine de professionnels et 4 milliards d’euros d’encours. Dès l’origine, l’objectif était de construire, outre des fonds globaux d’obligations souveraines, des produits de rendement absolu (le premier de la gamme des VaR - Value-at-Risk - fut ainsi lancé en mars 1999). Ils combinaient au départ les obligations souveraines et les devises, auxquels se sont ajoutés la dette émergente, le crédit, les actions, entre autres, dans une approche de rendement régulier, décorrélé de celui des marchés. Mi-2007, les actifs gérés s’élevaient à une cinquantaine de milliards d’euros, auxquels s’ajoutaient une vingtaine de milliards en fonds purs obligataires. Des chiffres qui faisaient de CAAM Londres le leader européen du marché des produits dits absolute return. Mais la défiance des investisseurs vis-à-vis des stratégies alternatives en 2008-2009 a provoqué un brutal retournement de situation, et les retraits massifs ont fait chuter les encours de 70 milliards au plus haut, à une vingtaine de milliards début 2009. Une page s’est enfin tournée lors du départ de Bruno Crastes et d’une partie de son équipe.

Devenu directeur général, Laurent Crosnier, auparavant directeur de la gestion taux euro à Paris, s’appuie désormais sur Cédric Morisseau, membre de l’équipe d’origine, et nommé responsable de la gestion obligations globales, absolute return et devises. « Nous avons adapté le profil des produits VaR à l’évolution des marchés, précise ce dernier. Les intervenants sont désormais plus court-termistes. Aussi, l’allocation stratégique ne doit pas avoir un horizon supérieur à un an et l’allocation tactique monte en puissance, comptant pour un tiers du budget de risque. » Le recours aux CDS (credit default swaps) est d’ailleurs plus fréquent, afin de gérer plus activement l’exposition aux marchés du crédit. En outre, le pilotage de la liquidité des portefeuilles a encore été amélioré, via la création d’indicateurs spécifiques, et des limites plus strictes en termes de concentration (sur des titres, des secteurs, des pays…) ont été instaurées.

Des expertises à promouvoir

Laurent Crosnier veut aussi miser sur les expertises existantes pour présenter aux investisseurs une gamme d’offres plus large. « La vocation d’Amundi Londres est de gérer des portefeuilles globaux sur l’ensemble des classes d’actifs. Certaines expertises, qui constituent des moteurs de performance des produits à rendement absolu et bénéficient à ce titre d’un long historique de performance, deviennent ainsi progressivement des offres à part entière », détaille Laurent Crosnier. Sont principalement concernés les actions internationales, la dette émergente, les CTA (fonds de futures) et les obligations corporate (outre les devises qui faisaient déjà l’objet de produits spécifiques).

Enfin, Amundi Londres est intégré depuis le début de l’année à une plate-forme obligataire mondiale, dont la vocation est de mettre en commun les moyens de la société de gestion dans ce domaine, tout en conservant les spécificités de chaque processus d investissement, et qui couvre aussi les centres de gestion de Paris, Milan, Tokyo et Singapour, soit 440 milliards d’euros au total.

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