L'avis de... Manuel Romera, directeur du secteur financier de l’IE Business School

« Les liquidations des entreprises immobilières vont devenir habituelles »

le 20/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Où en est-on de la braderie dans le secteur immobilier ?

Les compagnies immobilières doivent se débarrasser de leurs actifs, et les entreprises qui ont fait faillite doivent être liquidées. Le marché commence désormais à bouger. La Sareb* et Bankia liquident leurs stocks d’appartements. Ces liquidations vont devenir habituelles.

La liquidation de Llanera anticipe-t-elle celle d’autres grandes entreprises de la construction ?

Ce qui est arrivé à Llanera arrivera aussi à d’autres compagnies du secteur immobilier. Cette liquidation a été spectaculaire car Llanera était la plus grande entreprise du secteur dans la région de Valence. Après une cessation de paiement, il n’y a pas d’issue. Personne ne veut investir pour aider ces compagnies à sortir de l’ornière. Elles ne peuvent que disparaître pour laisser la place à d’autres. Ce sont les compagnies les plus fortes qui deviendront les leaders du marché et je suis sûr qu'il en apparaîtra de nouvelles.

Les banques ne veulent plus refinancer la dette de ces entreprises ?

Certaines banques veulent sortir des compagnies immobilières même avec des pertes. Toutes les grandes du secteur sont en cessation de paiement. Les banques ne veulent plus refinancer les dettes même avec une décote, c’est pour cela qu’on assiste à ces liquidations. Elles ne veulent plus être considérées comme celles qui entretiennent les promoteurs immobiliers. Maintenant qu’elles ont provisionné les actifs pourris, elles ne veulent pas être vues comme celles qui maintiennent un secteur qui, apparemment aujourd’hui, n’a plus d'avenir. Nombre d’entre elles ont un capital négatif, leurs actifs représentent 50 % des prêts concédés.

Et les particuliers ?

Pour ces derniers, c’est différent. Ils acceptent de payer leur dette plutôt que de s’engager dans un imbroglio judiciaire. Généralement, ils ont déjà remboursé une partie de leur crédit à l'habitat et savent qu’ils auront des difficultés à revendre leur bien immobilier. Donc, ils continuent à régler leurs échéances. Soulignons que le taux de défaut hypothécaire est faible. Il représente un tiers du taux de créances douteuses en Espagne qui atteint une moyenne de 11,38 %.

*Société de gestion d’actifs de la restructuration des banques, ‘bad bank’.

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