Rencontre avec... Dominique Druon, président-directeur général, fondatrice d’Aliath*

« L’objectif est de créer un état d’esprit constructif »

le 19/09/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment les représentants des salariés présents dans les conseils d’administration seront-ils désignés ?

Le mode de désignation des représentants des salariés est un enjeu majeur depuis que la loi sur la sécurisation de l’emploi prévoit la présence obligatoire de représentants des salariés dans tous les conseils d’administration des entreprises d’au moins 5.000 salariés en France ou de 10.000 dans le monde. La façon dont ils seront désignés devra être inscrite dans les statuts de l’entreprise, puis, à l’instar de toute modification statutaire, portée au vote des actionnaires. L’entreprise devra choisir entre plusieurs modes de désignation, telles l’élection démocratique des représentants par tous les salariés de l’entreprise, ou l’élection parmi les représentants du personnel aux comités d’entreprise, ou parmi les syndicats les plus représentatifs, ou la nomination directe des représentants en assemblée générale. Ce choix est d’autant plus stratégique que l’objectif est de créer un état d’esprit constructif dans l’instance de gouvernance, sur le modèle efficace de la cogestion à l’allemande.

La présence de représentants des salariés dans les conseils peut-elle modifier la conduite des entreprises ?

Je le pense, et dans le bon sens si une relation de confiance s’établit entre la direction générale et les représentants des salariés. Les questions de ressources humaines pourraient enfin devenir stratégiques. Jusqu’à présent, les plans de développement stratégique discutés dans les conseils d’administration ou dans les comités stratégiques se limitent trop souvent aux choix des investissements, aux enjeux financiers sans intégrer dès le départ l’évolution de la donne sociale. Une mobilisation constructive des représentants des salariés peut être l’occasion d’intégrer la gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GPEC) dans la stratégie de développement de l’entreprise, en gagnant en efficacité et en lisibilité.

Les PME doivent-elles adopter aussi le nouveau code de gouvernance de l’Afep-Medef ?

L’esprit du code, absolument. De toute façon, en tant que fournisseurs des grands groupes, elles y seront plus ou moins contraintes. Cette adaptation en amont ne peut que les aider à anticiper les risques associés à l’évolution de leurs métiers et à renforcer le dialogue autour de leurs présidents-directeurs généraux, souvent seuls face à des décisions extrêmement difficiles à prendre.

*Cabinet de conseil en gouvernance et recrutement d’administrateurs.

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