L’immobilier forme la clé de voûte du groupe La Française

le 20/02/2014 L'AGEFI Hebdo

En multipliant les partenariats, la filiale du Crédit Mutuel Nord Europe confirme sa volonté de devenir un gérant multi-spécialiste de dimension internationale.

Avec 9,7 milliards d’euros d’actifs sous gestion, soit 23 % des encours de La Française, l’immobilier n’a rien d’anecdotique pour le groupe. Cette classe d’actifs, fonds de dettes compris, a drainé 1,8 milliard d’euros de flux nets l’année dernière, dont un milliard par le biais d’organismes de placements collectifs immobiliers (OPCI). Elle a ainsi compensé la décollecte de 900 millions d’euros subie sur les valeurs mobilières. La Française affiche donc une collecte nette de 1,5 milliard d’euros en 2013. Le gestionnaire d’actifs, « à l’étroit en France », poursuit pour son pôle immobilier un double objectif : compléter son expertise et étendre sa couverture géographique.

Nouveau venu

Ce pôle intègre désormais sous une nouvelle société holding, la Française Global Reim (voir le graphique), La Française Real Estate Managers et les participations. Il est ainsi entré récemmment au capital de Forum Partners (24,9 %) et a racheté, aux côtés de ce nouvel allié, Cushman & Wakefield Investors (CWI), la branche de gestion d’actifs du conseil en immobilier éponyme.

Renommé LFF Real Estate Partners, le nouveau venu apporte 1,2 milliard de dollars d’actifs sous gestion (880 millions d’euros) sous forme de mandats essentiellement, mais aussi d’un fonds dont La Française compte poursuivre la commercialisation. Une aventure dont ne fait pas partie Jean-Marc Coly, l’ancien directeur général de La Française Real Estate Managers. En désaccord sur l’exécution de la stratégie, il a quitté ses fonctions en décembre après avoir passé vingt ans dans le groupe.

Cette plate-forme de gestion immobilière, désormais mondiale, est révélatrice des nouveaux projets de développement du groupe. Du côté des valeurs mobilières cette fois, La Française Asset Management, qui pèse 28,3 milliards d’euros sur un encours global de 42 milliards d’euros, vient d’acquérir 40 % du londonien Tages Capital. Elle revient ainsi en force sur la multi-gestion alternative, qui ne représente plus que 800 millions d’euros à l’heure actuelle contre 3,6 milliards d’euros en 2008. Il est prévu qu’elle délègue à Tages Capital la gestion de ses hedge funds pendant qu’elle prend en charge la distribution de l’ensemble des fonds en France.

Cette association fraîchement conclue intervient peu de temps après l’annonce, en décembre, de son entrée au capital d’une autre société londonienne, Inflection Point Capital Management (IPCM) UK. Le rapprochement avec ce spécialiste de la finance responsable a donné naissance à La Française Inflection. Le nouvel ensemble utilise le modèle d’analyse développé par IPCM qui a vocation à s’appliquer, pour une meilleure lisibilité, à l’ensemble de la gestion actions, contrairement au dispositif ISR jusqu’ici mis en œuvre par la Banque Sarasin – de qui La Française s’est récemment séparée.

Passerelle vers l’Asie

« C’est une approche unique pour toute la gamme actions avec des moyens renforcés », résument les dirigeants du groupe qui voient dans cette co-entreprise un vecteur « majeur » de croissance, à l’international notamment. La présence de la Française AM au-delà des frontières est assurée notamment par JK Capital Management, société de gestion basée à Hong Kong, au sein de laquelle elle compte renforcer sa participation au cour du premier semestre afin de consolider sa passerelle vers l’Asie. Une opportunité de fouler le sol indien est également à l’étude.

Il va sans dire que ces multiples alliances constituées depuis plusieurs années ont vocation à faire du groupe un gérant multi-spécialiste reconnu au-delà de son marché domestique. Une ambition qu’il traduit clairement dans son nouveau slogan, « La Française… not so french  » mais qui, selon un observateur, ne doit pas « le détourner de sa priorité, la France ». Pour l’heure, l’activité internationale, européenne essentiellement, n’a pas encore atteint 10 % du total des encours. Mais la société de gestion y travaille. La clientèle étrangère a déjà participé à la bonne marche du groupe, puisqu’elle a investi, tous segments confondus, un milliard d’euros nets l’an passé. La Française en attend 1,5 milliard d’euros cette année, soit plus de la moitié de la collecte globale anticipée à 2,5 milliards d’euros pour 2014. 

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