Entretien avec... Li Cui, économiste de RBS

« L’exposition des banques au secteur immobilier est limitée »

le 23/02/2012 L'AGEFI Hebdo

La Chine a-t-elle rééquilibré son économie depuis 2008 ?

Une partie du rééquilibrage, de la demande externe vers la demande interne, s’est produite dans le contexte du ralentissement mondial. La part des exportations dans le PIB a diminué, la création d’emplois liée aux activités exportatrices a baissé, l’excédent commercial s’est réduit, et sa contribution à la croissance est même devenue négative. La Chine s’est davantage reposée sur la demande intérieure, notamment sur l’investissement dans le logement et les infrastructures comme les chemins de fer. L’autre partie du rééquilibrage, vers davantage de consommation, a connu des progrès plus lents. Le risque existe toujours que l’épargne élevée alimente un investissement excessif, ce qui est souvent improductif et coûteux.

La bulle immobilière est-elle en train d’éclater ?

Une correction des prix a lieu dans certaines villes, mais pas partout. Après le boom que nous avons vu, il ne serait pas surprenant que les prix moyens baissent de 10 % à 20 % cette année. La progression de l’investissement dans l’immobilier (qui représente près de 10 % du PIB) pourrait ralentir encore plus, ce qui serait négatif pour la croissance. Il pourrait y avoir aussi un effet sur l’emploi dans le secteur de la construction. Cependant, l’impact sur le système financier devrait être limité. Nous ne prévoyons pas de crise systémique. D’abord, les ménages sont très peu endettés, ils épargnent même plus qu’ils s’endettent. Ensuite, les investissements immobiliers suivent souvent l’épargne des entreprises, qui est élevée, davantage que les prêts bancaires. Enfin, l’exposition des banques au secteur immobilier est limitée. Les prêts aux promoteurs et à l’habitat représentent respectivement 6-7 % et 12-13 % du total du crédit bancaire.

A quels défis le prochain gouvernement devra-t-il répondre ?

Les futurs dirigeants devront continuer le rééquilibrage interne de l’économie, notamment en améliorant la sécurité sociale et les retraites. Ils devront aussi décider de la vitesse de libéralisation du compte de capital et des taux d’intérêt.

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