L’Europe sans le dire

le 22/03/2012 L'AGEFI Hebdo

L’Europe se construit comme malgré elle. L’aide de la BCE représente en fait un premier signe de solidarité intra-européenne à laquelle les politiques se sont officiellement refusés pour résoudre la crise grecque : les fonds prêtés à 1 % sont très intéressants pour les banques des pays du sud qui empruntent moins cher par ce biais que sur les marchés des fonds qu’elles placent en titres de leur Etat, avec un gain de 3 % à 4 % au passage. Pour les banques des pays solides (qui contribuent autant que les autres au budget de la BCE), l’effet d’aubaine n’existe pas, car elles empruntent à bas prix et leur dette d’Etat reste à taux très bas. Autre sujet où la parole des politiques déçoit, non par son absence cette fois mais par son inconséquence, la solution grecque ne fait pas droit aux engagements passés des dirigeants européens, pour qui il n’était pas question de faire participer les investisseurs privés à l’abandon de créance. Souhaitons que les marchés ne s’attardent pas sur ces contradictions…

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