L'avis de... Frédéric Petiniot, président du cabinet de conseil en investissement Amadeis

« L’environnement actuel pourrait servir de catalyseur »

le 07/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Dans le contexte actuel de forte instabilité sur les marchés financiers, les investisseurs cherchent-ils des solutions permettant de corriger les biais des indices capi-pondérés ?

Il y a toujours eu des interrogations autour de l’intérêt des indices capi-pondérés en tant que benchmark. D’autant qu’il existe des solutions pour corriger ces biais. Les indices ne prenant pas la capitalisation comme critère de pondération présentent en général des profils plus diversifiés et défensifs, leur beta étant inférieur à 1. Toutefois, si ces stratégies permettent de limiter les pertes lors des phases baissières des marchés, elles sont décevantes en période de hausse. Quand les investisseurs achètent ce type de produit, ils doivent donc être conscients de ce qu’ils mettent dans leur portefeuille et de leurs limites. Pour l’instant, toutefois, ces approches restent encore marginales dans les portefeuilles.

Pourquoi sont-elles peu présentes dans les portefeuilles ?

Les gestions traditionnelles continuent en effet d’avoir un poids important. La dimension quantitative des approches basées sur le risque n’est pas forcément du goût du marché, notamment des investisseurs français qui n’ont pas une grande appétence pour les modèles. Ils préfèrent les gérants qui leur parlent de sociétés concrètes. C’est une question de maturité du marché et de sophistication des investisseurs qui va être plus forte dans les pays anglo-saxons où ces approches sont plus développées.

Leurs bonnes performances plaident pourtant pour une plus large diffusion…

L’environnement actuel pourrait servir de catalyseur. Le premier semestre est de ce point de vue symbolique. Après de premiers mois très favorables, les marchés actions sont devenus très instables, ce qui a permis de voir les bonnes performances dans ces périodes. La constance dans les résultats mais aussi la vulgarisation de ces stratégies par les établissements qui les promeuvent devraient permettre de réduire les freins psychologiques. Toutefois, le processus de décision des investisseurs institutionnels est long. Pour notre part, nous intégrons ce type d’approche à côté des gestions traditionnelles en fonction des contextes particuliers et des contraintes des investisseurs.

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