L'avis de... Pascal Koenig, associé responsable de l’activité asset management chez Deloitte Consulting

« L’enjeu central est de fidéliser et de valoriser le capital clients »

le 15/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment les sociétés de gestion adaptent-elles leurs systèmes d'information face à l’accélération réglementaire ?

Tout l’enjeu est de satisfaire aux évolutions réglementaires en identifiant celles génératrices d’opportunités et permettant de mieux répondre aux attentes des investisseurs. Dans ce contexte, les gestionnaires d’actifs doivent effectuer des choix stratégiques sur les typologies de services à offrir et sur les modèles d’organisation associés : certains ont choisi de se positionner en réalisant des développements (seuls ou en partenariat) pouvant concourir à leur différenciation ; d’autres ont préféré les externaliser, estimant qu’il était préférable, dans un souci d’efficacité industrielle, de les confier à des prestataires. Le choix de l’externalisation n’est pas uniquement une question de taille ; à titre d’exemple, concernant la contribution au SCR Actifs, de grandes sociétés de gestion ont opté pour des solutions packagées de prestataires externes. Il s’agit plutôt d’étudier si la société de gestion peut apporter de la valeur à ses clients à travers un accompagnement et un service adaptés. En outre, les sociétés de gestion en mesure de développer des infrastructures informatiques adéquates (développements, datacenters…) se comptent sur les doigts d’une main, d’où le succès des offres de reporting en mode Saas*proposées par un nombre croissant d’éditeurs.

Comment rentabiliser ces investissements ?

A condition d’être conçues « sur mesure », certaines prestations liées aux évolutions réglementaires pourraient être facturées aux investisseurs, ce qui permettrait d’amortir légèrement les investissements réalisés dans la qualité des données et l’industrialisation des reportings. Mais l’enjeu central est avant tout de fidéliser et de valoriser le capital clients, voire d’attirer de nouveaux investisseurs. D’autant qu’au sein des frontières françaises, on assiste à une raréfaction des clients : l’année 2011 est caractérisée par une baisse de 55 % des appels d’offres, qui se situent à un niveau historiquement bas.

*Software as a service

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