Chen Xingdong, économiste en chef de BNP Paribas Securities (Asia)

« L’efficacité des contrôles de capitaux s’est détériorée »

le 14/06/2012 L'AGEFI Hebdo

La crise actuelle peut-elle fournir l’occasion à la Chine d’internationaliser le renminbi ?

La Chine utilise le terme d’« usage international », et non d’« internationalisation », qui fait penser à une monnaie de réserve comme le dollar et l’euro. La situation actuelle semble être un bon moment pour promouvoir l’usage international du renminbi puisque l’économie mondiale est en crise et à la recherche d’un nouvel ordre. La route sera cahoteuse et le gouvernement fera attention à ne pas déstabiliser l’économie et le système financier. Gérer l’afflux de capitaux étrangers en dollars ou en renminbi est un grand défi. A long terme, la Chine veut que sa monnaie soit plus utilisée sur les marchés internationaux et fasse partie du DTS (droit de tirage spécial). Pour cela, elle doit ouvrir son compte de capital et préparer son système financier.

N’y a-t-il pas un recul des dépôts en renminbi à Hong Kong ?

Le plus important est que le renminbi soit de plus en plus utilisé dans les règlements internationaux. Le renminbi peut déjà sortir de Chine par plusieurs canaux : swaps de devises avec des banques centrales étrangères, importations réglées en renminbi, investissements à l’étranger, etc. Il peut aussi entrer par des exportations réglées en renminbi et des investissements étrangers. Depuis le 1er juin, le yen et le renminbi s’échangent directement à Shanghai et à Tokyo. Ce sont des avancées certes limitées, mais importantes.

Jin Zhongxia, directeur général adjoint du service international de la Banque populaire de Chine, a déclaré que les contrôles de capitaux n’étaient pas efficaces et que les flux pouvaient entrer et sortir librement. Qu’en pensez-vous ?

C’est vrai, et cela a été le cas la plupart du temps. La Chine ne sera jamais capable d’avoir des contrôles totalement efficaces. Ces dernières années, leur efficacité s’est même détériorée. Les officiels de la banque centrale reconnaissent en interne que des capitaux spéculatifs sont entrés, en contournant les canaux autorisés. Mais la Chine est tellement liée à l’économie mondiale qu’elle a encore besoin de contrôles.

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