L'avis de... David Gaud, gérant, zone Asie hors Japon, chez Edmond de Rothschild Asset Management

« L’économie des Philippines se transforme »

le 18/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquez-vous la résistance des Philippines au ralentissement de la croissance mondiale ?

Les Philippines sont l’un des seuls pays d’Asie à avoir bénéficié d’une révision à la hausse de leurs perspectives de croissance de la part de la Banque asiatique de développement (BAD). La transformation structurelle en cours explique cette bonne tenue. L’économie philippine est en train de créer des emplois en interne - ce qu’elle avait toujours eu du mal à faire jusqu’à présent - grâce au fort développement des services d’externalisation des activités des entreprises, ou « Business Process Outsourcing » (BPO), notamment dans la voix. Les Philippins ont beaucoup de facilités pour les langues. Leur marché du BPO dépasse déjà celui de l’Inde en valeur. La création d’emplois qui en découle est un véritable moteur de consommation. Les transferts d’argent provenant des expatriés sont une autre source importante de revenus, de 20 à 25 milliards de dollars par an. En revanche, ces flux soutiennent surtout l’immobilier. Les projets d’investissements dans les infrastructures, dans le cadre de partenariats entre les secteurs public et privé, qui devraient être lancés dans un an devraient également soutenir la croissance.

Le dynamisme de la Thaïlande est-il seulement lié à la phase de reconstruction provoquée par les inondations de 2011 ?

Non. L’économie thaïlandaise est en train de perdre son aspect cyclique. Bangkok n’est plus le seul îlot de développement économique. La progression des revenus annuels par habitant s’étend. Le Vietnam, qui n’a pas réussi sa sortie de crise, a laissé le champ libre à la Thaïlande, qui a su mettre en avant sa compétitivité, notamment dans la fabrication de biens d’équipements. Elle bénéficie en outre de ses relations avec le Japon et en est un fournisseur stratégique. Les investissements et les créations d’emplois qui en découlent profitent mécaniquement à la demande interne.

Sur quelles Bourses des Tigres investissez-vous aujourd’hui ?

Nous profitons surtout de l’élan philippin. La place financière philippine a gagné en profondeur grâce à la multiplication d’introductions en Bourse depuis douze mois. Sa capitalisation, autour de 210 milliards de dollars, se rapproche de celle de la Bourse turque. Nous évitons la Bourse indonésienne qui est chère et celle de la Malaisie, en attendant la levée des incertitudes politiques après les élections de 2013.

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