L'avis de... Vineer Bhansali, gérant de portefeuille chez Pimco

« L’assurance contre les risques extrêmes permet d’être plus agressif »

le 29/11/2012 L'AGEFI Hebdo

La situation actuelle est-elle plus favorable à la survenue de chocs boursiers extrêmes ?

Oui, il y a un faisceau d’éléments concordants. Les gouvernements n’impriment pas de direction, la période de faible volatilité connue sous Alan Greenspan est finie, les actifs sont de plus en plus corrélés, le trading haute fréquence contribue à rendre les marchés plus nerveux. Les chances de voir apparaître plus souvent des chocs extrêmes est donc réel.

Comment concevez-vous la protection contre les risques extrêmes ?

Comme une stratégie mariant différents produits : de la diversification, des options, des produits de minimum volatilité et du cash en fonction du niveau de protection désiré, des coûts et du contexte financier. D’une manière générale, nous évitons cependant les options sur les indices. Elles sont trop connues, trop faciles d’accès, donc trop chères. Concernant la diversification, nous pensons qu’il en faut pour se protéger des risques minimums (baisse de 5 % du marché). Au-delà, elle ne suffit pas. Enfin, les stratégies liées au smart beta (indices intelligents, NDLR) sont à la mode mais il ne faut pas perdre de vue qu’en 1987, les investisseurs qui s’y sont essayés ont perdu beaucoup d’argent : faute de liquidité, ils n’ont pu ni vendre au bon moment, ni profiter du rally qui suivit.

Un des freins à la mise en place de couverture contre les risques extrêmes est le coût de ces stratégies. Que répondez-vous à cela ?

Tout d’abord, qu’il existe des manières de couvrir intelligemment un portefeuille. Prévenir un portefeuille classique (60 % actions, 40 % obligations) contre une baisse de 15 % coûte environ 250 points de base (pb) via une couverture classique d’options sur indice. Nous estimons pouvoir descendre ce coût à 100 pb en utilisant une combinaison d’options couvrant indirectement le marché et management actif. Ensuite, une couverture vous permet de bénéficier de liquidité au moment du rebond qui suit la crise et donc de mieux valoriser votre fonds. Enfin, l’assurance contre les risques extrêmes vous permet d’être plus agressif. Un portefeuille à 60 % actions et 40 % obligations non couvert équivaut à un portefeuille 70 % actions et 30 % obligations couvert : les risques de perte de capital sont identiques. En revanche, avec le second portefeuille, vous êtes en meilleure position pour bénéficier d’une hausse du marché.

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