Centenaire de L'Agefi - Volet 11

Un journal en papier-monnaie

le 05/05/2011 L'AGEFI Hebdo

En rachetant L’Agefi, Georges Ghosn, qui possédait déjà La Cote Desfossés, savait qu’il lui fallait différencier les deux marques. « Dans mon ‘business plan’, La Cote était le prêt-à-porter et L’Agefi, la haute couture », se souvient l’homme d’affaires. Avec un tel positionnement haut de gamme, il était déterminé à rendre L’Agefi « plus belle et plus chère ». Au printemps 1992 sort une nouvelle formule du journal. L’un des atouts marketing est le papier sur lequel il est imprimé. Ce papier de couleur ivoire a le même « toucher » que celui utilisé par la Banque de France pour l’impression des « Pascal », les billets de 500 francs. Une trouvaille dont Georges Ghosn est particulièrement fier. « Je voulais que, pour les décideurs, lecteurs de L’Agefi, le papier de leur journal crisse comme celui d’un billet de banque ! », confesse l’intéressé. Ce papier était deux fois et demi plus coûteux que le papier journal ! Où est le problème, rétorque Georges Ghosn qui estime que « pour 4 à 5.000 exemplaires, la charge était supportable ». D’autant que, dans le même temps, il augmente le prix de l’abonnement en ne perdant au passage « que 200 abonnés ». Quelques mauvaises langues parisiennes raillent à l’époque le style et les goûts tapageurs - aujourd’hui, on dirait bling-bling - de Georges Ghosn et qualifient alors L’Agefi de « journal le plus cher du monde »…

S’il fut apprécié des lecteurs, ce « papier-monnaie » n’empêcha pas les comptes de L’Agefi de s’enfoncer un peu plus dans le rouge. Ni Georges Ghosn, ni personne n’avait prévu la flambée du pétrole et la déprime de l’économie mondiale qui suivirent la première guerre du Golfe.

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