Un homme, une équipe

Jean-Edouard Reymond, fer de lance de l’expertise convertible d’UBI

le 07/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Aux manettes de cette entité depuis la création d’UBI, le directeur général a connu une année 2012 record avec son fonds défensif Convertible Euro 10/40.

Jean-Edouard Reymond, fer de lance de l’expertise convertible d’UBI

Lors du démarrage d’UBI en 1999, Dominique Leprevots et Jean-Edouard Reymond ont fait un double pari : se faire reconnaître comme experts dans leur domaine et créer en France une équipe de gestion pour le compte d’une importante société étrangère. Aujourd’hui, avec un encours record de 1,3 milliard d’euros sur le fonds UBAM Convertibles 10/40 et une équipe de cinq personnes dédiées à la gestion d’obligations convertibles, c’est chose faite.

Filiale française de la banque suisse UBP, spécialisée dans la gestion d’actifs, UBI est en effet « l’une des seules filiales de sociétés étrangères possédant sa propre équipe de gestion en France qui gère des actifs pour l'ensemble du groupe », témoigne Dominique Leprevots, président du directoire d’UBI. Quant à son fonds UBAM Convertibles 10/40, il arrive, à fin 2012, en tête des plus gros fonds européens dédiés aux obligations convertibles. Le deuxième est loin derrière à moins de 900 millions d’euros d’encours.

La clé de cette réussite ? « Pas nous, nous ne sommes pas les meilleurs », répond avec malice Jean-Edouard Reymond, responsable de l’équipe des obligations convertibles, 47 ans, avec 20 ans d’expérience de gestion institutionnelle au compteur. S’il y a là-dedans une part de Chimène lançant à Rodrigue « va, je ne te hais point », il y a aussi une part de sincérité : Jean-Edouard Reymond et son équipe veulent garder les pieds sur terre. Des succès, il y en aura d’autres ; des périodes moins fastes sans doute aussi. C’est sans complexe qu’il avoue ainsi que monter un premier fonds d’obligations convertibles en 1999 en pleine période d’effervescence des actions puis de krach des valeurs de télécoms et de high tech (un sous-jacent important des convertibles) s’est révélé « plus ou moins payant au début en termes de collecte ».

Eviter le biais action

Pour autant, UBI a plus d’un atout dans son sac, à l’en croire. Au premier chef, son expertise des convertibles. « Aujourd’hui encore, beaucoup de gérants analysent cette classe d’actifs avec un biais action », juge Jean-Edouard Reymond. Sans une connaissance précise de chaque paramètre, plancher obligataire, options de conversions, convexité, asymétrie à la hausse, impossible de construire correctement un portefeuille.

Alain Tematio, analyste quantitatif, répond en grande partie à cette demande. Arrivé en 2011, il a mis en place une base de données recensant plus de mille obligations convertibles à l’échelle mondiale. « Ma tâche est de nous permettre de pouvoir calculer instantanément le prix de n’importe quel produit pour nos clients », explique-t-il. Un travail de fourmi lorsque l’on sait qu’une simple clause de protection du dividende au sein d’un prospectus suffit à modifier de manière sensible la volatilité implicite. « Cette base de données est d’autant plus importante lorsque l’on travaille sur un fonds mondial, l’univers des convertibles y est multiplié par cinq, voire plus, ajoute Jean-Edouard Reymond. Aucun gérant ne peut prétendre en avoir une connaissance satisfaisante. »

Dans la même veine, l’analyse crédit tourne à plein. « Le crédit constitue les deux tiers de la valeur d’une obligation convertible, le solde étant le prix de l’option », ajoute Jean-Edouard Reymond. Brinda Kirpalani, douze ans d’expérience dans le métier, en est responsable. Elle met en place « un 'shadow rating' sur l’ensemble des produits en ligne de mire », détaille-t-elle. Au menu : analyse classique de la structure financière de la société, anticipation de son risque crédit et comparaison avec les spreads du marché.

La deuxième force de l’équipe d’UBI est d’avoir fait sien le vieil adage « pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? ». Mi-action, mi-obligation, les obligations convertibles sont des produits difficiles à appréhender. « Les investisseurs se demandent souvent dans quelle catégorie ils doivent les ranger. En action ou en obligation ? Nous avons voulu leur répondre simplement, témoignent ensemble Jean-Edouard Reymond et Dominique Leprevots. Notre premier fonds est bâti pour être une alternative aux actions, le second aux obligations. »

Raphaël di Marzio, gérant de portefeuille senior qui marche dans les pas de Jean-Edouard Reymond depuis près de vingt ans, ne dit pas autre chose : « Avec une sensibilité action moyenne de 21 % en 2012, une qualité de crédit volontairement supérieure à celle de l’univers des obligations convertibles européennes (50 % du portefeuille est investi en 'investment grade' et liquidité contre 41 % pour l’univers) et une performance de 18,1 %, le fonds 10/40 a délivré une combinaison rentabilité/sécurité intéressante pour les investisseurs. »

A l’inverse, 2013 pourrait bien être l’année du fonds convertible lancé en 1998 qui n’a pas encore connu le succès de son benjamin. Avec une sensibilité action de plus de 60 % et une convexité de -7 %/+16,5 % (à fin décembre 2012), il est profilé pour profiter de la hausse des actions que la plupart des professionnels attendent cette année.

Développement international

Enfin, à l’heure où le marché domestique de la gestion française marque le pas (décollecte de 13 milliards en 2012, selon EuroPerformance), UBI a déjà largement investi l’international. Nicolas Delrue a rejoint l’équipe notamment pour aider à développer les convertibles auprès des clients étrangers. Bien leur en a pris, « 75 % de la collecte du fonds a été réalisée à l’étranger en 2012 », précise-t-il.

Autre pierre angulaire de cette ouverture : le lancement en 2012 du fonds UBAM Convertible Global. Toujours avec un biais investment grade (52,5 % contre 48 % pour l’univers), il est exposé à 44 % sur l’Europe, 39 % sur les Etats-Unis et 15,5 % sur l’Asie. Contrairement aux deux précédents fonds, il n’est pas construit autour d’une thématique de risque (action ou obligation). Son objectif à lui est de surperformer un indice, en l’occurrence l’UBS Convertible Global (euro hedged). « C’est le bon moment », juge Jean-Edouard Reymond. Et comme chacun sait, l’opportunisme n’est pas non plus la pire des qualités… 

L'EQUIPE

Nicolas Delrue,37 ans, spécialiste produits - obligations convertibles

Raphaël di Marzio,40 ans, gérant de portefeuille senior

Jean-Edouard Reymond, 47 ans, directeur général

Dominique Leprevots, 51 ans, président du directoire d’UBI

Alain Tematio, 34 ans, analyste quantitatif

Brinda Kirpalani,39 ans, responsable de l’analyse crédit

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