Rencontre avec... Dominique Carrel Billiard, directeur général d’Axa Investment Managers

« Je suis convaincu de l’intérêt de la gestion actions quantitative »

le 24/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Axa IM vient de réorganiser sa filiale américaine de gestion quantitative, Axa Rosenberg, après la découverte fin 2009 d’une erreur dans son modèle.

Quelle est la nature de l’erreur qui a affecté le modèle d’Axa Rosenberg ?

Ce modèle a plusieurs composantes : un modèle de valorisation et un modèle de prévisions de résultats, qui engendrent des anticipations de sur ou sous-performance des titres, auxquels s’ajoute un modèle de risque, qui prend en compte le risque des actions individuelles, mais aussi leur corrélation à des facteurs de risques communs (chacune des actions est corrélée à chacun des facteurs prédéfinis, liés à 45 secteurs industriels et 9 financiers). C’est ce dernier outil, de corrélation, qui a été affecté. Les outils de valorisation, de création de performance (alpha) et de gestion des risques individuels des actions ont, eux, toujours bien fonctionné.

Quelle principale mesure avez-vous prise en termes d’organisation ?

Nous avons mieux séparé les activités de recherche fondamentale sur les modèles, celles de mise en production et celles de gestion des portefeuilles. Le contrôle de la qualité est ainsi renforcé à chaque maillon de la chaîne. En outre, nous avons promu la fonction risk management, désormais directement rattachée au directeur général d’Axa Rosenberg, qui est aussi le directeur de la gestion. Ce n’était pas le cas auparavant. Tous ces changements ont été possibles dès lors que nous avons pris le contrôle total d’Axa Rosenberg.

La gestion quantitative a-t-elle toujours vocation à occuper une place stratégique dans le dispositif d’Axa IM ?

Je suis convaincu de l’intérêt d’avoir une offre de gestion actions quantitative systématique au catalogue. Combinée à l’offre de gestion plus fondamentale (judgemental) d’Axa Framlington, elle nous permet d’offrir des styles de gestion différents à nos clients.

Cette gestion doit-elle évoluer pour faire face à la concurrence des ETF (« exchange-traded funds ») ?

Je n’observe pas de substitution entre les ETF et la gestion quantitative. Les ETF sont des enveloppes marketing, mais ne sont pas un style de gestion. Outre la gestion active, Axa Rosenberg offre une gamme enhanced index dont la tracking error (déviation par rapport à l’indice, NDLR) est contrôlée. Sa capacité d’analyse et d’évaluation de 23.000 actions en permanence est sa valeur ajoutée ; aussi, nous n’anticipons pas d’inflexion majeure dans sa stratégie d’investissement et continuons de croire dans les perspectives de la gestion quantitative.

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