Dossier Sociétés de gestion internationales

Janus Capital poursuit à marche forcée son expansion internationale

le 20/09/2012 L'AGEFI Hebdo

En 2012, le gérant américain a ouvert quatre bureaux en Europe, dont un à Paris. Il réduit ainsi sa dépendance à son marché domestique.

Le paysage français de la gestion d’actifs s’enrichit d’un nouvel acteur. Fin mars, la firme américaine Janus Capital a posé ses valises à Paris en y ouvrant son bureau de représentation, situé Place Vendôme. Composée de trois personnes, l’entité aura en charge la couverture de l’Europe francophone soit, outre la France, la Belgique, Genève, le Luxembourg et Monaco. Cependant, Janus Capital ne part pas d’une feuille blanche. Présente à Londres depuis 1999, la société de gestion couvrait la France et les marchés francophones depuis 2008 à partir de sa base arrière britannique. « Nous avons plus d’un milliard d’euros d’actifs sous gestion sur les marchés d’Europe francophone, souligne Julien Froger, directeur commercial chez Janus Capital en France. L'Hexagone représente l’essentiel de ces encours. »

Doubler les encours à l’étranger

La structure française ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, même si Janus Capital reste volontairement discret sur les objectifs qui lui ont été assignés. « Nous visons le long terme et souhaitons développer notre activité avec des partenariats solides, explique Julien Froger. La société a choisi d'investir en France car nos clients nous ont confirmé la pertinence de notre expertise. Nous souhaitons qu'une clientèle plus large puisse en bénéficier. » De fait, en ouvrant un bureau à Paris, la société de gestion entend se rapprocher davantage de sa clientèle cœur de cible, à savoir les institutionnels (caisses de retraite, family offices…). Une clientèle pour laquelle la proximité constitue une impérieuse nécessité. « La France est un marché difficile et avoir les bons produits et les bonnes offres ne suffit pas, reconnaît d’ailleurs Augustus Cheh, président de Janus Capital International, la branche dédiée à l’activité hors Etats-Unis de la compagnie. Nous devons aussi avoir les bonnes personnes sur place. »

Recruté début 2011 pour accélérer le développement international de la firme basée à Denver, Augustus Cheh sait de quoi il parle. Sous son impulsion, Janus Capital a multiplié l’ouverture de bureaux en Europe. Depuis le début de l’année, la société de gestion a ouvert quatre structures sur le Vieux Continent à Paris, La Haye, Zurich et, début juillet, Francfort. Janus Capital porte ainsi à sept le nombre de ses bureaux en Europe, la compagnie s’étant précédemment implantée à Milan (2005) et à Munich (2009). Cette expansion tous azimuts témoigne de la volonté du groupe américain de réduire sa dépendance à son marché domestique. « Quand je suis arrivé chez Janus Capital en mars 2011, l'activité hors Etats-Unis ne représentait que 10 % des encours globaux, se souvient Augustus Cheh. Par rapport à nos concurrents, nous avions du retard à rattraper. » A fin 2011, l’international représentait en effet 15,3 milliards de dollars d’actifs sous gestion sur un total de 148,2 milliards. « Nous voyons des sociétés qui ont entre 20 % et 30 % de leurs actifs qui proviennent hors Etats-Unis, explique Augustus Cheh. Nous nous donnons cinq ans pour avoir 30 % de nos encours actuels en provenance de l'international. En d’autres termes, nous devons plus que doubler nos encours à l’international, ce qui nous paraît un objectif réaliste. »

Janus Capital ne mise pas uniquement sur l’Europe. L’Asie constitue aussi un axe stratégique majeur. Déjà présente à Hong-Kong, Tokyo et Singapour, la compagnie espère pouvoir prochainement s’installer à Taïwan. « Nous avons le projet d’ouvrir un bureau dans cette zone, mais nous attendons l’autorisation des régulateurs locaux », indique Augustus Cheh. La société américaine ne cache pas vouloir s’ouvrir de nouveaux horizons. « Nous couvrons le Moyen-Orient depuis notre bureau de Londres mais nous allons regarder les possibilités pour ouvrir un bureau dans cette région dans les mois à venir », admet Augustus Cheh.

Cette frénésie s’accompagne aussi d’un virage stratégique en termes d’offres et de cibles de clientèle. Reconnue aux Etats-Unis pour son expertise sur les actions et auprès de la clientèle retail, Janus Capital souhaite séduire davantage les institutionnels et promouvoir ses offres obligataires. La route est encore longue. Fin 2011, le retail représentait 65 % des encours du groupe (soit 96,5 milliards de dollars), les institutionnels seulement 25 % (36,4 milliards). « L’idée est d’aller au-delà de notre expertise sur les actions et les particuliers pour créer une franchise auprès des investisseurs institutionnels tant aux Etats-Unis qu’à l’international », insiste Augustus Cheh. Une démarche qui semble porter ses fruits puisque d’ores et déjà « en dehors des Etats-Unis, notre clientèle est composée à 60 % d’institutionnels et à 40 % de clients particuliers ».

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