Entretien avec... Bernard Aybran, directeur de la multigestion d’Invesco Asset Management

« Les investisseurs traditionnels n’ont pas encore cédé leurs titres cotés »

le 25/08/2011 L'AGEFI Hebdo

Quels acteurs ont le plus contribué aux importants volumes de transactions d’août ?

Les traders haute fréquence. Ceux-ci ont alimenté plus des deux tiers des volumes d’actions échangées qui ont accompagné le krach boursier de l’été. C’est ainsi qu’une volatilité journalière très élevée, qui n’avait plus été vue sur les marchés d’actions depuis 2008, a été observée. La démultiplication et la rapidité des opérations liées à cette pratique du trading haute fréquence ont sans doute amplifié la chute des cours mais elle n’est pas à l’origine du mouvement de baisse spectaculaire qui a secoué les Bourses européennes. C’est l’ensemble des intervenants de marché qui s’inquiètent de la capacité des pays développés à gérer leur dette publique et de la robustesse de leur croissance économique.

D’autres ventes d’actions peuvent-elles intervenir sur les marchés ?

C’est tout à fait possible car la plupart des investisseurs traditionnels, à savoir les institutionnels, n’ont pas encore cédé leurs titres cotés. Les sorties des fonds en actions n’ont pas été si massives qu’on aurait pu l’imaginer. Paradoxalement, les ventes ont été plus étoffées dans les fonds américains que dans les fonds européens qui couvrent une zone où les Bourses ont le plus souffert. En revanche, une capitulation générale a touché les obligations à haut rendement (high yield). Les investisseurs en quête de liquidités se sont dégagés immédiatement de cette classe d’actifs risquée. A ce stade, avec le rendement qu’elle offre maintenant - des taux de 8,5 % -, il peut être intéressant de la reconsidérer.

Qu’est-ce qui pourrait invalider l’hypothèse d’une retombée en récession ?

Il faudrait d’abord sortir de la première récession… Le PIB réel des pays développés est encore inférieur à celui de 2007. Les Etats-Unis et l’Europe n’ont toujours pas trouvé de relais de croissance. C’est pourquoi, à l’heure actuelle, je ne vois pas quels éléments permettraient d’éviter une contraction de l’activité. La consommation des ménages qui contribue à la majeure partie de l’activité des pays occidentaux est sous pression, probablement pour longtemps.

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