L’avis de… Philippe Haudeville, secrétaire général de l’AF2I (Association française des investisseurs institutionnels)

Les investisseurs institutionnels se montrent attentifs, réactifs et à l’affût d’opportunités

le 01/12/2011 L'AGEFI Hebdo

Quels sont les sujets de préoccupation des institutionnels ?

Les investisseurs de long terme sont confrontés dans leur mission de protection des intérêts de leurs ayants droit à des difficultés majeures. En premier lieu, leurs engagements sont largement constitués de passifs de durée indéterminée statistiquement stables et juridiquement fragiles, ainsi que d’une partie d’engagement de long terme ou de très long terme extrêmement solide. La moyenne de cet ensemble sur les dix dernières années ayant tendance à diminuer. En deuxième lieu, les réglementations prudentielles telles que Solvabilité II sanctionnent la détention d’investissement de long terme au travers d’un coût en capital qui peut s’avérer prohibitif pour certaines classes d’actifs et avec une forte volatilité des mesures obtenues. Ensuite, les normes comptables IFRS, pour les institutions qui y sont soumises, imposent le principe de la fair value et l’idée que la fair value est nécessairement la valeur de marché. C’est bien sûr une erreur de le croire et de l’accepter. La valeur de marché est une valeur liquidative et non une fair value, à tel point que des transactions sont elles-mêmes traitées hors marché.

Comment les investisseurs de long terme réagissent-ils face à des engagements longs et des marchés actuellement très volatils ?

La très forte volatilité de la période de crise que nous vivons, volatilité exagérée en raison de pratiques contestables de trading automatique sur les marchés, a tendance à provoquer l’éviction des investisseurs en difficulté de valorisation de leur portefeuille ainsi que les émetteurs, du fait de la difficulté à fixer un rendement satisfaisant.

Ces quatre difficultés produisent leurs effets dans une ambiance où la collecte de capitaux est faible, parfois négative, ce qui rend les allocations difficiles à conserver. Compte tenu de tous ces éléments qui rendent la situation très délicate, les investisseurs institutionnels se montrent à la fois attentifs, très réactifs et à l’affût d’opportunités sur des instruments non côtés et la dette des grands corporates internationaux.

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