Entretien avec... Bertrand Gibeau, associé et directeur du développement de Reinhold & Partners

« Investir dans un ‘hedge fund’, c’est faire un pari sur le talent d’un gérant »

le 09/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel bilan dressez-vous de l’industrie de la gestion alternative en France en 2011 ?

La France a connu des changements, tant dans l’industrie que dans son écosystème. Du côté des acteurs, les fonds de hedge funds, intervenants traditionnels du secteur dans l’Hexagone, ont du mal à lever de nouveaux encours depuis la crise de 2008. Mais l’industrie ne reste pas atone. Le marché intéresse dorénavant des groupes étrangers tandis que de nombreux projets de création de start-up « single strategies » sont en cours. En ce qui concerne les investisseurs, différentes initiatives témoignent de leur intérêt pour cette thématique. La publication par l’AF2I (Association française des investisseurs institutionnels) d’un guide des investissements en gestion alternative en est une bonne illustration.

Quel est le but de ce guide ?

Auparavant, les institutionnels s’appuyaient quasi uniquement sur les gérants de fonds de fonds. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus à vouloir investir directement. Le but de ce guide est de donner une idée des bonnes questions à poser pour conduire une due diligence. Ce guide, à la rédaction duquel nous avons participé, présente les stratégies, les véhicules d’investissement et les différentes étapes d’une due diligence. Notre objectif n’était pas d’argumenter sur l’intérêt de la gestion alternative pour les investisseurs. Aujourd’hui, ces derniers en sont convaincus, il faut les aider à sécuriser opérationnellement leur investissement.

Les performances décevantes de l’industrie en 2011 ne remettent-elles pas en cause l’intérêt d’investir dans un «

hedge fund »?

Non, la gestion alternative permet clairement à un investisseur de diversifier un portefeuille ou une classe d’actifs donnée. De plus, il n’existe pas, à mon sens, une gestion alternative mais de multiples stratégies, certaines ayant d’ailleurs plutôt bien performé en 2011. Investir dans un hedge fund, c’est faire un pari sur le talent d’un gérant. Certains génèrent plus d’alpha qu’un gérant long-only sur une certaine classe d’actifs. D’autres peuvent présenter une réelle aptitude pour diminuer la volatilité globale des portefeuilles. Un sondage réalisé par l’AF2I auprès de ses adhérents montre l’intérêt des institutionnels pour ce type d’investissement. Plus de la moitié d’entre eux ont déclaré vouloir augmenter la part de l’alternatif dans leurs portefeuilles.

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