PORTRAIT François-Yves Gaudeul, directeur dette Infrastructure, Allianz GI

Investir dans la dette d’infrastructure

le 24/10/2013 L'AGEFI Hebdo

L’activité de financement d’infrastructures est nouvelle chez les assureurs mais François-Yves Gaudeul avait tous les atouts pour y familiariser au plus vite Allianz GI. Ce diplômé de HEC Paris et titulaire d'un master en Transport de la Sorbonne est entré dans cette maison il y a un an, après avoir travaillé sur le financement d’infrastructures pendant huit ans dans les banques UBS et Citibank, à Londres et Paris, puis dix ans chez MBIA, un acteur américain spécialiste du rehaussement de crédit dans les financements structurés. Son arrivée chez Allianz GI fait suite à la volonté du groupe de proposer, en interne comme à d’autres institutionnels, des investissements en infrastructures. Elle s’inscrit dans le mouvement global de recherche de rendement et le besoin d’équilibrer les ressources longues des assureurs par des actifs de même duration.

François-Yves Gaudeul a pour mission de développer l’activité en France et au Benelux, en coordination avec la direction du pôle qui est basée à Londres, avec Deborah Zurkow à sa tête. « La France présente un fort potentiel avec la présence de grands groupes de construction et des fonds d’infrastructures, et un certain nombre d’actifs à financer ou refinancer », précise François-Yves Gaudeul. En pratique, le rôle des spécialistes en dette d’infrastructure est similaire à celui des banquiers, l’équipe étant impliquée dans la structuration et effectuant ensuite la syndication de la dette en interne, auprès des assureurs du groupe. « Nous nous focalisons sur les transactions où nous pouvons participer à la structuration, confie François-Yves Gaudeul. Intervenir dès la structuration permet notamment de procéder à une 'due diligence' approfondie et de s’assurer que le montage est adéquat. De plus, cela donne accès à des commissions dites 'upfront' qui permettent d’améliorer le rendement, qui est de l’ordre de 4,5 % à 6 % 'all in'. Nous pouvons ainsi investir d’autant mieux, en construction comme en exploitation,les importants montants à placer. »

L’équipe française a notamment souscrit le premier project bond émis par le projet de Cité musicale de l’île Seguin, pour 127 millions d’euros. L’opération s’est faite via un FCT (fonds commun de titrisation), un véhicule conçu pour faciliter les investissements des assureurs français, mais pour ceux d’Allianz, François-Yves Gaudeul a dû se livrer à un exercice d’explications en interne. Il était le seul intervenant sur le project bond, ce qui a permis d’accélérer le calendrier, très serré, de trois mois entre le moment où le groupement avec Bouygues a été pressenti et la clôture du financement. Tout récemment, la société a enchaîné avec le financement de la rocade L2 à Marseille (163,5 millions d’euros, L'Agefi Hebdo du 17 octobre).

Les signatures devraient désormais s’intensifier et l’équipe infrastructures européenne dans son ensemble annonce un pipe-line d’une vingtaine de projets. Un résultat qui suppose un travail préalable délicat : pour être sollicité, il faut s’être manifesté en amont et avoir misé sur un groupement compétent, avoir su apprécier ses chances de l’emporter et les intentions du candidat de retenir la solution de financement d’Allianz GI. « Il faut être à l’écoute du marché, se positionner en amont et travailler en partenariat avec les groupements », explique le spécialiste. Un travail où les aspects relationnels sont importants, autant que les aspects techniques.

A lire aussi