PORTRAIT Victoire de Trogoff, gérante de Fidelity Europe

« Il faut se concentrer sur ce que l’on sait faire »

le 24/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Victoire de Trogoff gère entre autres le fonds Fidelity Europe distribué en France, investi en sociétés européennes, de 1,2 milliard d’euros d’encours et dont la collecte ne cesse de croître. Ce succès ne doit rien au hasard. Les performances sont attrayantes, certes, mais ce n’est pas tout. Le tempérament de Victoire de Trogoff séduit les investisseurs. Alerte, passionnante, pragmatique, elle garde la tête froide en toutes circonstances et assume ses choix d’investissement tout en sachant se remettre en cause. Ces qualités sont hors du commun dans le monde de la gestion d’actifs. « J’ai toujours conscience du risque. Je ne m’emballe pas. Je cherche à comprendre. J’investis lorsque j’estime être suffisamment instruite sur la stratégie de l’entreprise et son environnement concurrentiel », explique Victoire de Trogoff, qui allie assurance et modestie. « Il ne faut pas raconter d'histoires. Il est impossible d’exceller dans tous les domaines à la fois, anticiper la direction des marchés, des devises, la macroéconomie, choisir le style de gestion adapté à l’environnement, etc. Mieux vaut se concentrer sur ce que l’on sait faire », expose la gestionnaire, experte en analyse financière, le métier de son début de carrière. Victoire de Trogoff a d’abord exercé chez deux brokers, NatWest et Merrill Lynch, avant de rejoindre Fidelity Worldwide Investment en 2002 en qualité d’analyste financier. « J’ai ensuite été promue en interne à la gestion, le parcours classique dans notre maison, se souvient la gérante. J’ai commencé par gérer des actions françaises puis européennes à partir de 2007. »

Forte de cette expérience, Victoire de Trogoff, qui rappelle que « ce qui prévaut sur les marchés financiers, c’est la réalisation des bénéfices par rapport aux attentes et non la croissance en valeur absolue », est en quête de trois types d’entreprises cotées. Il s’agit de celles dont le retour sur capital employé (ROCE) est élevé mais dont la durabilité est sous-estimée, des entreprises en redressement et dont le rebond sera plus rapide qu’attendu, et des sociétés bénéficiant d’initiatives internes favorables à une progression du ROCE supérieure à celle anticipée par les marchés.

Exemple : la gérante investit dans la société britannique Tate & Lyle, fournisseur d’ingrédients fonctionnels auprès des industries de l’agroalimentaire. « Tate & Lyle n’est plus du tout un fournisseur de sucre, constate la gérante. La société a vendu cette activité et se consacre désormais à la vente de produits à valeur ajoutée. Or ce nouveau statut n’a pas encore été pris en compte par le marché. »

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