Henri Alline, président du Club de l’Epargne Salariale

« Il faut garantir aux entreprises et aux salariés une stabilité des dispositifs »

le 20/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Le plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) doit-il être encouragé ?

Il faut développer les dispositifs de participation, d’intéressement et d’épargne salariale avec une véritable politique publique d’incitation à une épargne réellement populaire à trois niveaux, privilégiant l’épargne longue (Perco) par rapport à l’épargne moyen terme (PEE) et à la perception directe. Cela pourrait conduire à appliquer des charges sociales salariales en cas de perception, au maintien de la situation actuelle pour des versements dans le PEE, et à procurer un crédit d’impôt aux salariés (enveloppe équivalente aux charges salariales de ceux qui perçoivent) qui alimentent le Perco. Au-delà de la fiscalité et des charges sociales, il serait utile d’aligner les modalités d’investissement par défaut de l’intéressement sur la participation. Cette simplification permettrait à tous les salariés de mieux comprendre ces dispositifs et, pour une part, de se constituer une épargne retraite. La baisse programmée des taux de remplacement est une réalité que les nouvelles générations commencent à intégrer et à laquelle il faut répondre. Il n’y a pas d’alternative entre répartition et capitalisation, mais une complémentarité. Dans ce cadre, l’épargne salariale prend toute sa dimension sociale et éthique. Elle aide les salariés les plus modestes à se constituer une épargne destinée soit à des projets personnels qu’ils ne pourraient financer autrement (50 % des déblocages anticipés servent à l’acquisition de la résidence principale), soit à un complément de retraite. L’épargne salariale favorise en outre le dialogue social et la compréhension de l’entreprise lors des négociations d’accords d’intéressement.

Quelles mesures pourraient renforcer l’épargne salariale ?

Tout d’abord, il faut garantir aux entreprises et aux salariés une stabilité des dispositifs dans le temps. Toute modification à la hausse de la taxation applicable à la participation et à l’intéressement conduit les entreprises à revoir leurs formules de calcul (ou leurs plafonds de versement) au moment du renouvellement de leurs accords afin de conserver des coûts équivalents dans leurs budgets. Nombre d’entreprises ont d’ailleurs renégocié à la baisse leurs accords de participation, d’intéressement, ou leur politique d’abondement en réaction à la création du forfait social, qui est passé de 2 % en 2009 à 20 % en 2013.

Quelle évolution des encours d’épargne salariale anticipez-vous ?

Pour 2013, une hausse des actifs due à la bonne tenue des marchés est attendue. Le seuil des 100 milliards d’euros devrait être dépassé. Les encours devraient progresser sensiblement en 2014, en espérant que le marché poursuive sa remontée et que les entreprises annoncent de bons résultats.

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